LYNCHAGE DE MR BENDOUNGA PAR LA GARDE DE BOZIZE: LE CRIME DE TROP

La question me fut un jour posée par un ami de savoir pourquoi et comment certains dictateurs tels  Saddam Hussein ou Le maréchal Mobutu ont ils pu plonger dans l’irréalisme au point de point de se faire hara- kiri en prenant une succession de mauvaises  décisions qui se sont par la suite révélées  totalement auto destructrices pour leurs régimes. Chacun pour répondre a cette question pourrait y aller de son grain, certains  évoqueront  pèle mêle l’absence évidente de causalité   quant aux facteurs ayant   permis  la descente aux enfers de ces  personnalités (ou simplement de tout autre dictateur),   ou encore un  contexte géopolitique différencié  donnant de facto a la réponse un caractère multiforme certain.

En s’appuyant sur  la littérature et la documentation existantes  à ce sujet nous pourrons  amorcer une tentative de réponse satisfaisante pour les uns et les  autres. En effet, dans l’excellent ouvrage de Honore N’gbanda « Ainsi sonne le glas : Les derniers jours du Marechal Mobutu »,  ainsi que  dans  le troublant film documentaire de la chaine de télévision Américaine HBO intitule  « House of Saddam » (La maison de Saddam) sont retracés, les parcours exceptionnels de ces deux leaders. On remarquera qu’ils sont  arrives tous deux aux pouvoirs extrêmement jeunes : 35 pour le General Mobutu et 42 ans pour Saddam Hussein en profitant de la  faiblesse des institutions dans leurs pays respectifs. Al-Bakr en Iraq démissionnera  subitement pour des « raisons de sante », pendant  que l’armée Congolaise tranchera en sa propre faveur dans le duel opposant Le président  Joseph Kasavubu au premier ministre  Moise Tshombe  en portant le General Mobutu au pouvoir.

Leurs  prises de pouvoir qui ont d’ailleurs ceci de commun que  d’être  largement soutenues par les Américains, (qui se feront le plaisir de les déposer plus tard)  s’accompagneront  de purges sauvages et ciblées. Ainsi, plus que leurs parcours politique et leurs amours légendaire  pour la gente féminine, Saddam Hussein et Mobutu ont connus des  fins que d’aucuns ont qualifies  d’évitable.  En effet, tous deux n’ont jamais réellement pris la menace d’une perte du pouvoir au sérieux. Le « moi » « l’ego » « le psyché » des ces dictateurs use par des années de pouvoir et immodérément gonflé par les contre-vérités de flagorneurs, thuriféraires et autres amadoueur  choisis   a juste titre pour la faiblesse de leurs personnalités (  les dictateurs aiment en règle  général s’entourer de béni oui-oui ) ou de leur proximité  clanique   et qui très habilement s’évertuent a éviter  aux tyrans une perception et donc en conséquence une analyse claire, intelligente  et dénuée d’émotion des événements sociopolitique. C’est donc un « ego »,  surdimensionné accouple a  une capacité de discernement infiniment réduite qui  ont permis a ces deux leaders de poser  « l’acte de trop ». Mobutu a donc ricaner au nez de Bill Richardson  L’émissaire Américain  qui lui a propose une sortie « Honorable » et Saddam Hussein a pris pour du chantage la menace Américaine optant ainsi pour une guerre totale, tous les deux précipitant leurs fins.

La lecture précédente a été faite dans l’optique d’une vision interne et n’exclue nullement les différents points de vue. Elle  permet juste d’éclairer sous un angle nouveau l’acte pose par le Président Centrafricain lors de sa dernière apparition  publique.

En effet, en décidant de procéder à une  démonstration  ostentatoire, inélégante  et  outrecuidante de son autoritarisme  en  livrant  un chef de parti officiellement reconnu a  ses « chiens de garde ». Bozize vient de commettre l’irréparable méprise d’étaler au grand jour l’un des traits distinctif de sa personnalité : l’égocentrisme. Mr Bozize qui apparemment adore s’écouter parler, comptait faire de la réunion  d’avec les forces vives de la nation   un monologue de plus, ou le gouvernement allait pointer du doigt la Commission Electoral et faire d’une pierre deux coup en se dédouanant et en effaçant dans la mémoire collective Centrafricaine que le gouvernement que Mr Bozize dirige d’une main de fer dans un gant de fer a eu 5 années pour préparer les dites  élections.

Bozize a donc sans aucun doute  atteint cet état d’esprit ou tout dictateur se sent invincible et  intouchable. Sa lecture des événements et la perception qu’il a de sa personne semblent indubitablement distordues par la masse d’enfants et de femmes faméliques s’agglutinant autour de sa 4×4 lors de ses désormais célèbres  distributions de billets de banques.  Toutes critiques ou opinions opposes a la sienne deviennent de ce faite un crime de lèse majesté, une apostasie politique  passible de la peine de mort. L’ego de Mr Bozize a donc finit de réinventer « une démocratie a parti unique » dans laquelle les partis politiques ont le droit a l’existence mais en étant au préalable vidées de leur quintessence. Ils pourront assister « au monologue  présidentiel » de temps a autres, poser sur les photos en souriant de toutes leurs canines  pour rassurer les bailleurs de fonds et institutions internationales, la se limiteraient leurs fonction, en un mot ils ne serviraient  que de décorum.

Les choses ne seront les mêmes après ce fameux mardi.

Le lynchage de Mr Bendounga  ouvrira sans conteste une ère nouvelle sur le plan politique  pour le KNK et son leader. Car a la différence de L’affaire Massi, Le tabassage de Mr Bendounga nous soustrait  brutalement du domaine de  la supputation, élimine  la théorie d’une  manipulation par  l’opposition. Il nous ramène abruptement sur terre et expose telle une plaie béate et purulente l’horreur que vivent les Centrafricains au jour le jour. La question que se pose donc certains fils du pays est celle ci : si de manière publique une telle furia a pu être lâchée sur Un leader politique, qu’en est il de ceux  qui pour l’instant croupissent au secret dans les nombreuses prisons du pays ?

Aussi, même si l’acte de Mr Bendounga est fondamentalement répréhensible,  la réaction du président l’est encore plus, car disproportionnée  et totalement irrationnelle. Mr Bozize, se trouve être le Président de la république Centrafricaine. Il se doit être l’incarnation de la pondération, de la retenue, de la dignité. Il se doit  dans quel que situation que ce soit faire preuve d’élégance, courtoisie et surtout d’équanimité. Pour les quelques rustres, qui sans grandeurs d’âme ont applaudit à tout rompre  a l’évocation de l’atteinte a l’intégrité physique de Mr Bendounga, ils devraient savoir ceci : ce n’est pas la première fois qu’un homme politique manifeste de façon déplacée son mécontentement ou sa frustration envers la plus haute personnalité d’une nation.

En effet le dernier exemple en date et probablement le plus frais dans nos mémoires reste l’impertinente  intervention de Mr Joe Wilson députe (congressman) de la Caroline du Sud qui pendant l’adresse du Président Obama sur la sante s’est levé et devant la moitie de la planète et certainement de l’univers a traite l’homme le plus puissant de la terre de « Menteur ». La réaction de Mr Obama a été comme nous le suggérions plus haut a la hauteur de ses fonctions : calme, pondéré et d’humeur égale. N’en déplaisent donc aux « aux fous du roi »qui sont  légions en ces temps d’élections : l’acte  de Mr Bendounga, n’est pas une nouveauté.

Les conséquences quelques jours après  semblent être plus gravissimes pour le Président qu’elles ne le sont pour  Mr Bendounga, qui s’en tire avec 18 points de sutures et un nouveau statu de « victime de la barbarie de Boz ». Ajouter a cela la décomposition lente mais inexorable de la Commission électorale ; son deuxième vice-président vient de rendre son tablier et le rapport tant attendu…se fait toujours attendre. L’opposition elle, demande pour la énième fois le départ du président  de ladite commission.

Nous tournons donc en rond, incapable d’avancer et ce malgré l’aide massive et régulière de la communauté internationale. La paupérisation, l’alphabétisation, le niveau de vie général des Centrafricains ne cessent de reculer.  L ‘investissement véritable (a différencier des  dons et autres aides du FMI et de la Banque Mondiale.) est inexistant compte tenue de La constante insécurité existant un peu partout dans le pays. Tout cela malgré l’aide massive des organisations internationales qui maintiennent artificiellement en vie le  pouvoir de Bangui.

L’aide injectée, elle,  éprouve   des difficultés considérables à   parvenir  aux populations nécessiteuses ceci pour deux raisons : Elles sont soit englouties par la vorace classe dirigeante grâce a un système mafieux élaboré a la perfection, ce que nous appelons corruption, ou tout simplement dissipée dans la nature par la mauvaise utilisation générée par l’incompétence et l’incurie de certains cadres qui ne doivent  leurs places dans l’administration qu’au clientélisme et au familialisme abject  dont fait montre presque l’ensemble du gouvernement.

La solution se trouverait donc l’adoption sans restriction de la bonne gouvernance, qui ouvrirait la porte a un retour des cadres Centrafricains éparpillés de par le monde instituant une saine et avantageuse compétions qui en elle même entrainerait la nation vers de jours meilleurs. Nous ne pourrions gagner la bataille du sous-développement en ayant  la moitie des cadres centrafricains  pour des raisons comme le clanisme, l’exclusion et  la violence séjournant  en terre étrangère.

 

Pour ce faire nous devrions être conscient de notre potentiel, celui humain d’abord. Car comme le déclarait Wole Soyinka  il y a de cela quelques jour : « l’inversion de la fuite des cerveaux est essentielle au développement de l’Afrique »

Bozize devrait donc se ressaisir et cesser d’être constamment sur la défensive. Sa déclaration sur Radio France International semble en tout point indiquée un passage en force, solitaire et esseule lors des élections de janvier 2011.  Ce faisant, il prend le risque de s’isoler de son peuple et de se transformer en cette caricature qu’il s’efforce de devenir. Celle d’un General couvert de décorations, corrompu et brutal vivant dans un monde parallèle, a celui de son peuple.

Nous suggérons donc au président de la République de reconnaître son tort (signe de maturité et de responsabilité),  et en sa  vertu  de chef de tous les Centrafricains (même de ceux qui comme lui ne pensent)  recevoir Mr Bendounga au palais de la Renaissance afin d’aplanir leurs différents. Il n’y a rien sur cette terre qui ne puisse faire avec un peu de bonne volonté et d’amour.

Amour et solidarité  comme ils aiment le dire a Bangui.

3 Responses to “LYNCHAGE DE MR BENDOUNGA PAR LA GARDE DE BOZIZE: LE CRIME DE TROP”

  1. chimene dit :

    Il ne le fera rien de ce k tas suggerer il a deja commencer sa descente aux enfers.. moi je dis k ce genre dacte ira de nal en pire .. la seule solution est la mort de ce dernier.. brutal a dire mais reste kan meme une triste realite..il se battra juska son dernier souffle por garder ce fauteuil.. mais bon c kan meme dommage kon a ete juska la dirige k par des hommes egoistes depourvu de totu amour de leur peuple

  2. Après ce brillant article, je ne sais pas si quelque chose puisse y être ajoutée, tant les faits relatés et la plume acerbe sont d’une rare finesse et intelligence. L’unique question qui me vient à l’esprit est : si après cet acte de Bozizé on devrait encore descendre d’un cran, ne serait-ce pas Bokassa réincarné, du moins pour l’aspect « suppression de toute opposition existante »?

  3. Desire Mbata-Ngombe dit :

    Bozize doit partir, c’est la solution a l’heure actuelle aux maux centrafricains. Il n’est pas en mesure de diriger ce pas.

Leave a Reply