MASSACRES DE BRIA : FRANCIS BOZIZĖ DOIT DES EXPLICATIONS AUX CENTRAFRICAINS

septembre 25th, 2011

Pendant qu’à coup de décrets aussi surprenant les uns des autres, François Bozizé s’évertue comme un beau diable à distraire le peuple Centrafricain en essayant de démanteler le gang de Ministres prédateurs dit des « Darfouriens » qui écume l’administration du pays avec l’orchestration presque scientifique d’un insouciant brigandage économique frisant l’insolence , une partie du pays lui, ressemble de plus en plus au véritable  « Darfour » de  par les massacres qui s’y déroulent.

En effet pendant près de deux semaines, des tueries horribles  ont eu lieu entre  des ethnies qui ont cohabitées fort pacifiquement  dans cette région depuis des lurettes. L’armée Centrafricaine répondant comme toujours aux abonnés absents (sauf pour mater des opposants),  a une fois de plus  disparu de la circulation. Plus grave encore, des rapports précis et convergents auraient  fait état de véritables « négociations » entre  l’UFDR et les FACAS  demandant à ces derniers de libérer les zones sous leurs protections.

Ces macabres « pourparler » ont effectivement abouti. Les FACAS ont littéralement, « évacué les lieux » et ouvert la voie à l’UDFR, laissant des milliers de pauvres civils sans protection se faire massacrer par ce qui est convenu d’appeler maintenant l’allié de l’armée nationale : l’UFDR. Un constat évidant s’impose : aucun officier sur le terrain n’aurait pris  sur lui le risque d’être garant d’une décision à la portée indéniablement  politique,  dangereuse et lourde de conséquence telle que celle de  livrer de pauvres civils sans défense à la furia vengeresse  d’une rébellion dont l’objectif  premier était de commettre des massacres à caractère purement génocidaire.

Il est donc évident que les Bozizé qui exercent un contrôle meurtrier et sans faille sur  l’armée depuis leur accession au pouvoir  n’ont pas pu ne pas être au courant. Francis Bozizé, catapulté  par une bienveillante décision paternelle  au sensible Ministère de la Défense et imposé de facto comme le véritable patron d’une armée ethnicisée a outrance et dont le champ de rayonnement ne s’arrêterait qu’à une dizaine de kilomètres autour de la capitale du pays devrait rendre des comptes à la Nation. Toujours aussi cocasse, le cabinet du « Colonel héréditaire  » pourtant apte à s’en prendre aux  journalistes dans l’exercice de leurs fonctions a préféré adopter cette fois ci un profil de chien battu.

Quoi qu’il en soit aujourd’hui, les responsabilités au niveau de nos forces armées doivent être clairement établies et conséquemment assumées. Car, cela est simplement inacceptable qu’une semaine durant presqu’une centaine de Centrafricains puissent perdre la vie et que le Ministre de la Défense se recroqueville derrière une forteresse de silence, sans explication, ni descente sur le terrain et continuer de se pavaner  à bord de luxueuses  4X4 comme si de rien n’était.

Il est donc urgent que l’illégitime Assemblée Familiale qui nous sert d’Assemblée Nationale, monocolore et manchote convoque le Ministre de la Défense et lui  demande des éclaircissements sur ce qui s’est réellement passé à Bria  en le questionnant de  fond en comble. Lui qui affiche un  mutisme de carpe depuis le début des massacres,  doit  dans les plus brefs délais expliquer au Centrafricains comment et pourquoi l’armée de leur pays a outrageusement faillit à son devoir et à sa mission : celui de les protéger. Bozizé de son côté,  devrait procéder au remplacement de son fils. Il pourrait le faire succéder par le Sous-chef d’État-major des Facas le Colonel Ludovic Ngaifei. Qui face au  galvaudeur   qu’est devenue Francis Bozizé serait un moindre mal.

D’autre part, l’intervention de notre illégitime et impopulaire Président n’a pas été pour apaiser les choses. Lui qui n’a  pas daigné rendre visite aux populations touchées dans leurs chaires à plutôt pointer vers elle un doigt accusateur et dédaigneux.  Il a clairement et de façon éhontée déclaré : « Personne n’a incité les Ronga et les Goula à se battre. Je ne suis en rien responsable de ces combats et qu’on n’accuse pas Bozizé gratuitement  ». Nous disons à François Bozize au simple cas ou il l’aurait oublié que dans une République le Président  incarne l’autorité de l’État et de par son arbitrage veille au respect du texte constitutionnelle. Plus, la constitution faisant de lui le chef suprême des armées, lui donnant un rôle prépondérant dans toutes les questions de défense. Il est le responsable ultime de tout ce qui ce passe dans le pays, tout en incarnant son unité. Nous devrions donc demander des comptes à Bozizé et à son fils sur ces massacres, nous devons en leurs directions pointer un doigt suspicieux et accusateur.

Un veil adage Américain dit que: “When there’s blood in the street, somebody’s got to go to jail”. En d’autres termes : “Lorsqu’il y a du sang dans la rue, quelqu’un doit aller en prison”.  Francis Bozizé a faillit lamentablement à son devoir, celui de protéger le peuple Centrafricain. Son inhabilité chronique à solutionner les problèmes relevant de sa « compétence »  maintenant proverbiale a permit ce massacre d’un autre temps.  Mais nous le savons tous, « Papa » ne permettra pas que « Francis » aille en prison, n’y qu’il réponde de ses actes, encore moins qu’il s’explique.  « Bozizé Jr. »  devrait donc avoir le courage de reconnaître son inaptitude et son incapacité désormais avérée  à diriger ce sensible ministère et fièrement proposer sa démission. Car son  entêtement nous dirige inexorablement vers un chaos qui ne dit pas son nom. Mais cela, nous le savons tous est le cadet de ses soucis.

Si la « recréation est terminée » pourquoi Francis Bozizé et N’doutigaï ne sont ils pas inquiétés ?

juillet 20th, 2011

Une certaine catégorie de Centrafricains adeptes du «  à la queue leu leu » idéologique ne cesse de scander de façon frénétique le refrain à la mode  ces temps derniers à Bangui : « La recréation est terminée ». Faisant ainsi référence, à la désormais  fameuse phrase du Président Bozizé prononcée lors de son investiture.

« La recréation est terminée » n’est en fait qu’un euphémisme simplificateur et trompeur pour designer et à la fois implicitement reconnaître, la fin supposée des pillages, vols, emprisonnements, exactions, impunités qui ont  jalonné  et caractérisé  les 9 ans  de la famille Bozizé au pouvoir.

Pour mettre fin, ou du moins faire semblant de mettre un terme  à cela,  le Président Bozizé  surpris la main dans le sac par une mission du FMI a donc tout naturellement décidé de nettoyer « les écuries d’Augias » qu’est devenue l’administration Centrafricaine. Rien ni personne ne semble avoir de la grâce aux yeux de Bozizé.

Personne en effet, ne semble être à l’abri de la fureur présidentielle. L’écartement de  partisans de la première heure comme  que le Maire de Bangui Jean Barkes N’gombe Kette, ou le commandant N’gaikoisse en a étonné plus d’un. L’humiliation du « chansonnier » du Bozizisme ; Javon papa Zama (est-ce son réel patronyme ??) contraint de rembourser la rondelette somme qu’il aurait frauduleusement soustrait, finit d’ajouter un brin de cynisme et de ridicule à cette liste qui ne serait complète sans les  7 magistrats rétrogradés et bien sur la citation du cas d’Abderrahmane Baron qui aurait distribué à tout va des panneaux solaires aux Ministres M’baye et Zingas.

En réalité, tout ceci n’est que poudre aux yeux, ce n’est pas l’évincement et le congédiement  de piètres et interchangeables ministres qui marquerait la fin de l’impunité en Centrafrique. Pour exemple, l’ancien Ministre Zingas n’est vraisemblablement  plus d’aucune utilité politique pour François Bozizé. Il a été remplacé par  une horde de ministres débauchés ca et la des partis de l’opposition, il pourra donc aller en prison et servir de trompe l’œil sans que cela n’empêche quiconque au KNK  de sommeiller.

La vérité, elle, se trouve ailleurs. Mr. Bozizé préoccupé par un éventuel et énième holdup constitutionnel, lequel lui permettrait de se présenter en 2016,  aurait décidé de se faire une  peau neuve politique en immolant en pagaille quelques seconds couteaux politiques. Cette opération, bien entendu permettrait à notre General national d’entamer cette délicate et dangereuse procédure politique en portant le halo de l’honnête et sincère  dirigeant victime de son entourage. Classique.

Et si le Président est sincère ? rétorqueront assurément certains.

A dire vrai,  la sincérité du Président ne pourra en réalité n’être démontrée que d’une manière et une seule : l’arrestation et l’inculpation des véritables fossoyeurs de la République, de ceux qui détiennent les vrais leviers du pouvoir, ceux dont les indélicatesses ne se chiffreraient point en millions de CFA mais en millions d’Euros : Mr. Francis Bozize et Mr. Sylvain N’doutigaï (ce dernier adorerait traiter son entourage de pauvre), principaux verrous du violent, corrompu et incompétent  système en place en Centrafrique.

Le premier est depuis 2003 chargé d’expédier les affaires sécuritaires du régime. Il s’y adonne avec la ferveur et  l’efficacité toute relative que l’on sait. Le second est l’argentier  attitré sur la même période. Alors comment pointer du doigt la gestion de l’ex-Maire de Bangui sans regarder dans la direction du Ministre des finances ?

Tant que ces deux ne seront pas inquiétés, toutes autres gesticulations ne  seraient que de la pure « Politique spectacle » pour distraire et amuser la galerie. Car, il serait difficile  de  concevoir qu’un individu soit arrêté pour distribution de panneaux solaires, ou que des « enquêtes » aient été menées pour suspendre le Maire de Begoua (la profession de Maire se relève tout à coup d’une dangerosité extrême) alors que ceux soupçonnés de la disparition de 5,5 millions d’Euros, jubilent et se pavanent en toute quiétude  se permettant, comble de l’ironie d’intenter des actions en justice.

Jusqu’à quand va-t’on encore nous faire passer la quinine pour du sucre ?

D’ailleurs, le fantasque « troubadour » de Bozizé Javon papa Zama aurait déjà repris ses fonctions auprès de ce dernier …L’ex-Capitaine N’gaikoisse, lui, serait sorti de sa geôle  pour rentrer chez lui en toute quiétude, sifflotant comme si de rien n’était. La preuve que la fin de « la recréation »  n’est certainement pas pour demain…

François Bozizé Pourra t-il Terminer Son Quinquennat ?

juin 20th, 2011

C’est le chaos généralisé en Centrafrique. Le pays est littéralement sens dessus-dessous. Les revendications sociales du peuple meurtri depuis bientôt 10 ans se multiplient. Elles se superposent aux  exigences politiques légitimes de l’opposition démocratique ne demandant rien de moins que la reprise des grossières élections du 23 Janvier dernier.

En l’espace d’un mois, le climat sociopolitique a totalement été bouleversé. Onze personnes ont trouvé la mort dans des affrontements intercommunautaires (les chiffres officieux font état de 50 morts). Plus d’un millier de  personnes  dans le 3éme et 5éme arrondissements ont érigés  des barricades pour dénoncer  le non approvisionnement en eau potable et en électricité de leurs  quartiers. A Obo, plus de 5000 personnes   sont  aussi descendus dans la rue  pour décrier le manque de protection contre les troupes de Joseph Koni.

Si au départ, certains ont voulu isoler ces évènements ; aujourd’hui nous constatons qu’ils inscrivent dans une logique commune : celle de l’exaspération, du ras le bol d’un peuple qui aspire au changement sur tous les points de vues.

Ainsi, François Bozizé qui compte sur la vassalisation de son pouvoir  au régime de Ndjamena pour  sa pour sa propre survie  politique, en lieu et place d’une légitimité acquise  au travers des urnes, se trouve dans une bien inconfortable posture. D’un côté le marteau Tchadien qui comme nous l’avons constaté, n’hésiterait pas à lui tomber dessus si besoin est et l’enclume du peuple qui graduellement  fait monter la pression. Mais face aux  revendications sincères des Centrafricains,  le General-Président semble ne pas avoir de réponse  adéquate et appropriée.

Plus, Le KNK et son leader se rendent donc  tardivement compte que le mythe  d’après  lequel  les salaires payés  à temps échu serait la panacée miracle et le gage d’une perpétuation au pouvoir ne serait qu’un fantasme politique obsolète et désuet.

Sur le plan international, ce n’est pas non plus la gaité. L’Union Européenne  s’étant  rendu compte qu’il n’existe pas de différences fondamentales entre les poches de Bozizé et les finances de l’Etat et que le processus électoral qu’elle a pompeusement  financé a eu exactement l’effet inverse. La RCA est maintenant affublée d’un Président  non élu, et mal aimé,  un « père fouettard » qui n’hésiterait pas à immoler la moitié de  son  peuple  pour se maintenir au pouvoir.

On le voit, François Bozizé est  donc un homme  seul, isolé, diminué et affaibli. Son pouvoir est sur la défensive ; boudé par l’U.E.  qui rechigne à mettre la main à la poche, suspecté par le patron Tchadien, assaillit et harcelé par les besoins du peuple, il assiste médusé á la « Danse macabre » de ses potentiels successeurs et à la lente mais irrémédiable division de sa court.

Pour répondre à cette pression aussi soudaine qu’inattendue, Bozizé a décidé de reprendre le contrôle des événements en usant de son arme favorite : la brutalité, la terreur et la violence. C’est ainsi que 2 éminents journalistes ont  été purement et simplement embastillés sans «  autre forme de procès »  (littéralement).

A cet instant précis, les Centrafricains devront se poser avec authenticité et franchise certaines questions. Combien de temps encore notre pays devrait-il dépendre du Tchad voisin pour sa propre protection et sécurité ? Qu’adviendrait-il  de Bozizé si Deby qui a ses propres ennuis décidait de le laisser se débrouiller  comme un grand garçon ?  Combien de temps encore ce gouvernement  dépendra-t-il  de la communauté internationale pour remplir ses obligations  régaliennes les plus minimales ?

Comme nous le constatons, le General-Président devrait pour rester au pouvoir (c’est la chose qui lui importe) jouer le parfait équilibriste entre les sautes d’humeurs d’un autre Président, la charité/et ou générosité  d’une communauté internationale de plus en plus réticente à jouer les simples pourvoyeurs de « cash » et le courroux de son peuple qui ne voit plus en lui qu’un  officier General  de plus, usé par le pouvoir et tiraillé les entres les mesquins  intérêts de son neveux et de son fils.

Combien de temps encore cela pourra-t-il durer ?  Certains analystes n’hésitent pas à établir  une liaison, faire une analogie entre la fin de règne de Mr. Patassé et le chaos qui sévit  en ce moment  à Bangui. Une chose semble certaine, au vu de l’impatience du peuple et de la complication des relations avec l’U.E., 2016 semble loin, très loin même…comme dirait l’autre.

DIALOGUE POLITIQUE EN CENTRAFRIQUE: QUE VEUT L’UNION EUROPEENNE ?

mai 16th, 2011

L’union Européenne, par la voix de son représentant à  Bangui  a soudainement décidée de se faire le chantre de la démocratie, ceci  après avoir fermé les yeux et permit  à Mr.  Bozizé de  mener  le processus électoral comme bon lui semblait. Elle a par la suite, pris la peine de  démontrer  puis dénoncer  dans un rapport exhaustif  les fraudes massives survenues lors des élections,  tout en reconnaissant  le vainqueur de ces mêmes  élections   comme  Président  élu. Il n’a point été question de sanctions de quelles natures que ce soit. L’on a plutôt assisté à des actions timorées, tièdes  et éparses  presque risibles, tel le refus d’assister à l’intronisation de François Bozizé confortant ce dernier dans la fascisation de son pouvoir.

Elle va même plus loin, continue  dans la même  lancée,  en  proposant  un dialogue politique, puisant dans  le sac fourre-tout qu’est devenu l’accord de Cotonou, en faisant mention des articles 8 et 9 tous aussi vagues quant  aux objectifs véritables de ce dialogue et surtout à l’application effective des résolutions qui  éventuellement  seront   prises lors de ce « dialogue » qui d’après le langage hautement diplomatique ( donc  forcément  hypocrite ) de  l’Ambassadeur représentant  de L’U.E  n’en n’est pas un.

Cette attitude floue, équivoque et ambiguë  de l’U.E  n’a que trop durée. Elle ne peut continuer  à être du côté de la démocratie et du peuple Centrafricain  par  de beaux discours  et démontrer son soutien et allégeance au tyran mal élu  en place  par ses actes. Les Centrafricains veulent donc avoir une idée claire  et précise de ce dialogue. Ils veulent savoir ce qu’a en tête  l’U.E. car, qu’elle que soit la forme que prendra ce dialogue, Bozizé en sera le premier  bénéficiaire.

Dans le  cas d’un dialogue U.E-Gouvernement ;  Bozizé en ressortira raffermi et consolidé  et procèdera allègrement et avec un sourire au coin des lèvres á la réalisation de son agenda ; celui de rester « ad vitam aeternam » Président de la Centrafrique ; ce que redoutent les Centrafricains.

Le second cas de figure, celui d’un dialogue incluant la société civile et l’opposition (comme  l’indique de façon précise et directe l’accord de Cotonou dans son  article 8 alinéas  6 et 7)  lui aussi pourrait avoir un  déboucher similaire au précèdent mais á cette différence que les partis d’opposition pourront  préalablement négocier les conditions de leur participation et donc peser sur les décisions  qui seront prises.

Voyons ce que nous dit l’article 8 ou plus précisément les alinéas  6 et 7 :

Article 8, alinéa 6. Le dialogue est mené avec toute la souplesse nécessaire. Il peut, selon les besoins, être formel ou informel, se dérouler dans le cadre institutionnel et en dehors de celui-ci, sous la forme et au niveau les plus appropriés, y compris au niveau régional, sous régional ou national.

Article 8, alinéa 7. Les organisations régionales et sous régionales ainsi que les représentants des sociétés civiles sont associés à ce dialogue.

En d’autres termes, l’on pourrait donner la forme et le fond que l’on voudrait a ce dialogue. Il est donc évident   que  malgré les  dénégations et la langue de bois   de son Excellence Mr. le représentant de L’U.E ,  le dialogue dont il se fait soudainement  le louangeur  ne serait pas différent de ceux que nous  avons expérimentés  un  peu partout  en Afrique en général  et en Centrafrique en particulier  depuis le début des années 90.

En vérité,  loin de souhaiter se voir  fermer la porte du  dialogue entre les divers acteurs de la vie politique du pays, la tenue de ce  énième dialogue  pour   désamorcer la  crise post-électorale créée  ex nihilo  par le pouvoir suite à  son entêtement et   à sa tenace résolution  de rester maitre incontesté  du processus électoral  et de remporter coûte que coûte les élections  dès le 1er tour « par la fraude ou la force »   intrigue bon nombre d’observateurs.

L’Union Européenne par ce  dialogue ne tendrait-elle pas une perche au pouvoir de Bozizé ?

Evitons toutes circonvolutions et affirmons les choses telles qu’elles sont. Ce dialogue s’avère en réalité n’être  qu’une fuite en avant  de plus.  Car le  pouvoir en place  estomaqué  et groggy par le contrecoup de sa supercherie, cherche en réalité a gagné du temps et à reprendre son souffle avant les échéances de 2016. Bozizé et le KNK asphyxiés et mis au coin du mur par le refus de l’opposition de reconnaitre le régime « bâtard » issue de la farce du 23 Janvier, cherchent donc à acquérir par un « dialogue politique » ce qu’ils n’ont pas pu par les urnes, une légitimité.

Il est fort probable que Mr. Bozizé n’attende en réalité que la tenue de ce pseudo- dialogue  (qui légitimerait de facto son pouvoir)  pour passer à l’action et  tordre le coup à  la constitution afin de s’offrir la perpétuité    au palais de la renaissance de Bangui.

Toujours est-il  que, l’opposition semble avoir ici une occasion en or pour atténuer, amoindrir ou inverser les effets de la dernière  élection. Pour ce faire sa participation devrait être soumise à une stricte conditionnalité : Celle du respect inconditionnel de la constitution, en d’autres termes ;  François  Bozizé devrait solennellement et devant la communauté internationale  apposé  sa signature  au bas d’un document  stipulant clairement sa non-participation aux échéances de 2016. Sans cela, l’opposition peut être certaine qu’elle sortira abusée et molestée de ce dialogue comme elle l’a été de la précédente.

L’on devrait ajouter à la liste de  conditions, la libération des compatriotes injustement et arbitrairement  incarcérés dans l’affaire Rayan. Ils   devront tous  être libérés et l’incident,  résolu une bonne fois pour toute.

Plus de 3 mois donc  après sa forfaiture, François  Bozizé se retrouve dans un cul de sac politique. Même si en posant des actes intitules et incompréhensibles  tels que l’interdiction du meeting de l’opposition lui donne  l’impression d’avoir  une onirique main mise sur le jeu politique, lui et ses acolytes au plus profond d’eux savent que le vent a tourné, que le peuple ne croit plus en leurs  balivernes et plus grave encore ,   qu’un  changement ne serait que d’un iota de la loi fondamentale du pays serait politiquement suicidaire.

Ainsi, François  Bozizé, acculé et coincé de toute part,  décrié par ses pairs et honnit  par son propre peuple, tente tant  bien que mal de s’agripper a la  bouée   de sauvetage que lui tend fort opportunément  l’U.E ;  un  « dialogue politique 2 ».  Dialogue dont il a royalement ignoré  les vertus il y a de cela quelques mois.  Les Centrafricains  se souviendront  en passant   que l’application effective  des recommandations de la 1ere DPI a subi un embargo total de la part du parti au pouvoir et de son maitre, les mêmes qui aujourd’hui tressautent de joie à l’idée d’une concertation  avec l’opposition. Concertation  qui n’a en réalité pour eux n’a d’autre but que de bercer  l’opposition, la  mettre en état d’hypnose et  offrir l’illusoire impression d’ouverture et de permettre à Bozizé de réaliser ses  machiavéliques  desseins.

La parole du Président  a perdue de sa  crédibilité, car par deux fois il a pu avec l’aide de la communauté internationale (la même qui a ventilée  la nouvelle d’un autre dialogue) roulé l’opposition et le peuple Centrafricain  dans la farine.

Ziguele  et Tiangaye   devront  donc se garder de se jeter pieds et poings liés dans ce qui a tout l’air d’un vil traquenard. Bozizé n’a aucune intention d’associer ceux qui ne pensent pas comme lui a l’exercice du pouvoir, encore moins de prendre en compte d’éventuelles  suggestions susceptibles  de l’aider dans la gouverne du pays.   Au contraire,  Cette maladroite tentative illustre grossièrement tout le mépris  que lui et L’U.E ont  pour le peuple Centrafricain.

Pour l’opposition, Il est   donc  clair  que sans garanties, sans garde- fous, il serait sage de laisser cette proposition s’étioler  et mourir d’elle-même. Car, une mauvaise manœuvre de sa part serait politiquement fatale pour ses leaders. Elle entrainerait inévitablement  une candidature de François  Bozizé et dès cet instant, ils pourront dire adieu à tout destin national…

NICOLAS TIANGAYE & LE FARE SONT ILS DANS LA BONNE DIRECTION ?

avril 24th, 2011

A la question de savoir ce qu’il pense de la plate-forme créée  par l’opposition pour  l’annulation des résultats des élections générales de 2011 et de la réconciliation de ses deux principaux adversaires, le Président Bozizé a prophétiquement (et lugubrement )  répondu : «Vous croyez que c’est une réconciliation  solide ? Nous verrons bien. » Il ne croyait pas si bien dire. Seulement quelques mois après sa création l’un de ses fondateurs, le très charismatique Ange Félix Patassé s’en est allé. Le départ de ce géant de la politique centrafricaine fragilise de fait  cette plate-forme et oblige l’opposition à un réajustement de ses objectifs initiaux ainsi que de ses  stratégies.

Elle (l’opposition)  se voit donc contrainte à   réagir de manière diligente  et unitaire  afin de rectifier sa trajectoire. Ceci,  dans le but  d’être plus efficace et esquiver le pire, c’est-à-dire permettre  la  réalisation de  « l’intime et persistant  fantasme politique de François Bozizé». Fantasme,  hérité  en réalité  de l’Empereur Bokassa : Celui de voir sa descendance lui succéder à  la  présidence de la République. Peu importe la manière, constitutionnellement ou pas, pacifiquement ou brutalement, Bozizé a la ferme intention de voir se réaliser ce rêve.  Si  les démocrates de ce pays ne laissent de côté leurs bassesses, divisions et cynismes pour barrer la route à cette  dérive fasciste,   la Centrafrique   dans 10 ans ressemblerait fort bien au Gabon d’aujourd’hui.

Face à cette menace qui se rapproche dangereusement, L’opposition  devrait au plus vite changer de fusil d’épaule et joindre le camp le plus réaliste et le plus  utile à la lutte pour l’avènement d’une démocratie réelle en Centrafrique, celui  de la réalité. Nous n’aurons pas de nouvelles élections cela est une réalité politique incontestable  qui doit  être obligatoirement prise en compte afin de bâtir  une opposition compétitive en 2016.

Aussi, Il  serait  vital qu’elle puisse  commencer  dès aujourd’hui  à  se concentrer et  préparer   la bataille des élections prochaines afin de ne pas goûter une nouvelle fois à l’amère potion qu’ont  été les élections de cette année.

La situation idéale,  laquelle sous  d’autres cieux ne serait  rien d’autre que la normalité,  serait d’arriver à un nivèlement   des chances des différents  partis politique en 2016.  Mais comment  faire de cette nécessité une réalité, Face à un gouvernement doté de chars, de milliards et de  milliers de soldats (en réalité des miliciens), le tout saupoudré  d’une incroyable dose  de mauvaise foi ?

La Centrafrique ne connaitra jamais d’élections libres et équitables si le gouvernement en place n’y est  obligé. Cela est un fait avéré,  intitule de discutailler sur ce point. Affirmer  la démontrabilité du contraire serait impossible même pour les plus zélés des  partisans du pouvoir.

Conséquemment,  et suite  à  la tenace volonté du pouvoir en place à Bangui de persister  dans le maintien et la consolidation de  la kleptocratie ambiante  et ultimement de la transformer  en une sorte de monarchie élective,  l’organisation des joutes électorales de 2016  devrait donc  être  obligatoirement confiée à une entité  dont la neutralité, l’objectivité et  le professionnalisme des cadres  ne font  l’objet d’aucun doute  tel L’ONU, qui ne manque d’ailleurs  pas de moyen humain et financier pour s’atteler à une telle tâche. Arriver à un accord dans ce sens ne devrait pas souffrir d’entraves majeures, puisque  le gouvernement et l’opposition  étant tous deux   sur et confiant de détenir la majorité des voix  dans le pays.

Du moins, il revient à l’opposition de pousser pour arriver à cette finalité. Elle se doit de créer les évènements et non de les subir. La transformation du F.A.R.E  ou plutôt  son évolution s’avère nécessaire. Cela lui  permettrait   de faire sa mue, passant  de simple et vétuste outil de contestation   à une véritable et dynamique  plateforme de ralliement, laquelle plateforme ne serait pas limitée  qu’aux seuls  partis politiques. Mais ouverte à tous les Centrafricains désireux de voir la démocratie reprendre de son droit dans le pays. Certains militants du KNK sont en effet contre l’idée d’un troisième mandat du président  Bozizé et opposés  à une éventuelle candidature  de son fils. Ces voix ne devront point être  ignorées.

Ainsi, Le F.A.R.E qui se trouvera un nouvel acronyme aura  essentiellement deux  objectifs :

I.            Empêcher François Bozizé de réécrire la constitution, comme nous le soupçonnons tous de vouloir le faire  et de se présenter une nouvelle fois en 2016. Les choses à ce niveau devront être limpides comme de l’eau de roche. Bozizé candidat, les leaders de l’opposition ne devront pas se présenter aux élections  et donc cautionner et légitimer  sa forfaiture.

II.            Arracher un accord politique qui permettra la préparation et l’organisation des élections par une entité autre que la boiteuse C.E.I

L’unique  difficulté  pour le F.A.R.E serait d’entrer en négociation  avec un gouvernement issu d’élections  dont  il conteste la régularité. Cette entrave mineure sera résolue justement par l’évolution et la transformation  du front. Car pendant que l’opposition s’évertue  à demander des comptes à certains de ses partisans qui ont clairement choisis leurs côtés (au lieu de fermement appliquer les sanctions prévues par les règlements intérieurs  partis à cet effet), elle s’embourbe jusqu’au coup dans des marécages  de querelles fratricides futiles et immobilistes.

Pendant ce temps, le pouvoir en place, prend de l’avance, s’implante, infiltre les partis d’opposition, s’évertue à corrompre les plus véreux du camp adverse,  se fortifie, planifie ses desseins sordides et par le biais de la radio nationale devenue un objet de constante propagande se livre à un lavage de cerveau sur nos pauvres compatriotes de l’intérieur du pays.

Le temps comme nous le  savons tous  est l’allié des dictateurs et ce n’est pas en se souciant de Mandaba ou de Koyamene que le F.A.R.E en gagnerait. La bataille pour 2016 débute maintenant.  La préparation, la mobilisation et l’information des militants  concernant les machiavéliques projets des  Bozizé devront débuter dès ce  moment…A moins que le F.A.R.E ne compte pas présenter de candidat en 2016 et espère  continuer la  contestation des résultats des  élections de 2011.Pendant que le KNK et son leader auront triomphé  les doigts dans le nez  à celles de 2016.  Le choix lui appartient.

CAN 2012 : la qualification des fauves du Bas-Oubangui dépend du gouvernement.

mars 27th, 2011

Les Fauves ont perdus ce samedi à Dar el Salam. Cette Jeune équipe, que d’aucuns considèrent comme étant la plus douée de l’histoire du pays et qui a pourtant fait jeu égal sinon dominée l’Algérie et le Maroc, des mondialistes, est tombée 2 buts à 1.

Sans faire preuve de fatuité, cette équipe avait donc les moyens de surpasser une humble formation   Tanzanienne devenue à juste titre le ventre mou de notre poule, ou encore d’arracher un match nul   afin de solidifier sa première place et se donner des ailes pour une historique qualification. En lieu et place de cela nos jeunes sont revenus avec une décourageante défaite qui ne témoigne pas du potentiel réel des Centrafricains.  Que s’est-il donc passé ?

Un match de football de nos jours ne se gagne plus seulement sur le talent pur des athlètes. Une victoire est le fruit d’une longue et bonne préparation avant les rencontres. Cette préparation comprend en général divers aspects. Parmi lesquels nous soulignerons les aspects psychologique et financier.

L’aspect financier en particulier est de nos temps et de loin le plus important car   englobant en son sein presque tous les autres. Il permet essentiellement le regroupement des joueurs et la tenue des matchs amicaux sans lesquels l’équipe ne serait qu’un assemblage hétéroclite de joueurs sans réelle cohésion. En d’autres termes, il permet aux joueurs de se connaitre et donc de former un bloc, une entité soudée et mentalement compact, une équipe.

Or cet aspect vital, essentiel et indispensable échappe totalement au contrôle de l’encadrement technique et de celui des joueurs. Un entraineur ne peut qu’entrainer et un joueur ne peut rien faire d’autre que de jouer.  L’aspect financier, lui, est du ressort du gouvernement. Il est donc de la responsabilité du Ministère des sports de créer les conditions nécessaires pour un environnement sain, apaisé et équilibré pour l’épanouissement des Fauves.

Les trophées sportifs ne sont pas aléatoires, ils sont en règle général le fruit d’une politique pensée, réfléchie et rigoureuse. Est-ce une coïncidence si dans les hautes compétitions Africaine nous avons presque toujours les mêmes équipes faisant la pluie et le beau temps ? Non, le sport dans ces pays bénéficie tout simplement d’une plus grande attention…

Or qu’avons-nous constaté près de deux semaines avant la rencontre ? Un chaos indescriptible, un laisser-aller indicible, un amateurisme fatal.

  • D’abord, la démission et la réinsertion du coach Acorsy.
  • L’impréparation totale, aucun match amical n’a été joué par les Fauves.
  • L’impuissance de la Fédération Centrafricaine de Football pourtant dirigée par un proche du Président.
  • Des dirigeants ultra préoccupés par des élections.
  • L’accumulation de ces éléments a donc tout naturellement déteint sur nos jeunes frères et produit le résultat de Dar el Salam.

Il est donc temps de renverser la tendance en créant un environnement favorable et convenable à la victoire. Pour ce faire nous devrions bannir et écarter la gestion aveugle, tâtonnante et rustique de ces dernières années.

Il serait opportun, d’accomplir des sacrifices douloureux mais nécessaires. L’État pourrait par exemple couper dans les millions qui se perdent en « bon d’essences » et autres gratuités offerts aux plus riches et puissants pour sécuriser des fonds pour cette équipe. Les sacrifices ne devraient pas être le privilège du seul peuple.

Une préparation digne de ce nom pour les fauves équivaudrait à l’organisation d’au moins 3 matchs amicaux avant les trois dernières rencontres.

Plus de pouvoir devront être octroyé à la FCF (Fédération Centrafricaine de Football) afin d’éviter l’intervention tout azimut des politiques dans l’organisation et la préparation des matchs. Un budget dont le montant sera connu de tous sera dégagé et alloué à cette même Fédération afin d’essayer de nous qualifier pour cette phase finale.

Enfin, la taille de la délégation Centrafricaine devrait être réduite à son strict minimum.  Vu les difficultés financières du pays, nous devrions avoir une délégation qualitative et non quantitative. Nombreux ont été ceux qui n’avaient rien à voir de près ou de loin et qui se sont retrouvés à Dar el Salam. Ces fonds auraient pu être utilisés avec beaucoup plus de parcimonie, d’efficacité et de rigueur. La présence du Ministre des sports est par exemple inutile si le président de la FCF y est aussi…

Certains jeunes tels Ibrahim Bohari et Lucyano Djim devraient prendre une part beaucoup plus active dans l’encadrement technique des fauves.

Le gouvernement qui prône le travail le sait mieux que nous. Rien n’est dû au hasard ni à la providence. Seul le travail et l’abnégation de tous pourraient nous ramener la qualification.

La balle est donc dans le camp gouvernemental. Nos jeunes ont prouvé qu’ils pouvaient jouer au football comme les autres.  Ils en sont capables. Ils ont juste besoin d’un cadre propice à l’expression de leur immense talent. La mission du gouvernement est l’octroi de ce cadre.

Nous espérons que cela sera fait et que nous n’aurons pas à subir une seconde fois l’humiliant cauchemar de Dar el Salam. Celui de se faire battre par une équipe moins talentueuse et de réduire nos chances de participation à cette CAN.

Une certitude pour terminer, les Fauves sont toujours leaders de leur poule après la courte défaite du Maroc face à L’Algérie. Notre destinée dans cette compétition est donc toujours entre nos mains.  En faisant bloc comme un seul homme derrière nos Fauves, nous pourrons être certains d’écrire une nouvelle page dans l’histoire du sport en Centrafrique. Il n’est point tard …Allez les Fauves !!!

Gouvernement D’union en Gestation à Bangui. Sylvain Ndoutingai Potentiel Ministre D’Etat Chargé du Pétrole.

février 18th, 2011

D’après des informations concordantes émanant de la capitale Centrafricaine, le Président Centrafricain F. Bozizé après sa victoire coup de poing, voudrait bien profiter du relatif étourdissement de ses adversaires pour constituer à la hâte un gouvernement d’union. Il s’attèlerait donc de manière ardue à cette tache. La question première est celle ci : Pourquoi le gagnant à plus de 64% des élections désirerait à corps perdu un gouvernement d’union ? Nous connaissons chacun la réponse.

Cependant, la formation de ce gouvernement rencontrerait une résistance farouche, tenace et acharnée des deux cotés de la sphère politique. Tout d’abord, la majorité présidentielle qui ne voudrait en aucun cas voir s’amoindrir la quotte part qui lui est allouée, puisque l’entrée d’opposants équivaudrait certainement à des postes et portefeuilles en moins. Ensuite, l’opposition qui refuse simplement de cautionner « le travesti  du 23 Janvier », en  entrant au gouvernement sous celui qui ne les considère pas plus  que des souffre-douleurs, ou pour des « Matata Distingué », du nom du célèbre guitariste accompagnateur du non moins célèbre  groupe « l’immortel Makembé », qui a fait la joie des mélomanes Centrafricains dans les années 70 et 80.

Deux grandes innovations cependant. Premièrement, Bozizé se serait soudainement découvert l’âme d’un démocrate et les vertus de l’ouverture politique. Quelques jours seulement suivant les « Nguia ti élections » offert en spectacle au monde entier. Des consignes strictes auraient été donné à son mystérieux conseiller belge afin de « trouver et de promouvoir » des cadres dont la « compétence ne souffrirait d’aucune tache » pour travailler avec lui. Et comme ce « Belge » bien évidement ne connaît rien en Centrafrique et par conséquent sera donc obliger de se faire guider que par les cadres en place du KNK. Ceux ci allégrement désigneront, ou soumettront les noms des cousins, cousines, tantes et belles sœurs. La quadrature du cercle.

Deuxièmement, les récompenses devraient pleuvoir. À commencer par ceux qui ont « travaillé dur », « se sont battus » pour la réélection du Président.  Ngouandika Fidele et Sylvain Ndoutingai. Le premier sera probablement promu Ministre d’Etat quelque part. Intelligent et obséquieux, « il se contentera de cela pour l’instant ». Le second, tout aussi cajoleur. L’indéboulonnable, l’inamovible Sylvain Ndoutingai que l’on croyait ministre des mines ad vitae aeternam,  sera enfin muté  pour un ministère plus prestigieux celui en «  Charge du pétrole » en récompense de son excellence, de son abnégation (sic) et des services rendu à la « Famille », ou à la nation les termes sont devenus interchangeables.

Nous le voyons, la décision de F. Bozizé de repousser au 15 Mars son investiture n’était pas anodine et émotionnelle, mais nécessaire et utile. Elle lui permet une marge de manœuvre, lui offre le temps de travailler et de débaucher les quelques seconds couteaux en place dans les partis d’oppositions, scélérats qui dans les rangs de l’opposition voudraient bien manger de son pain. Apres son forfait, le KNK a décider de jouer l’apaisement. La balle se trouve dans le camp de l’opposition, nous attendons tous de voir.

Le branle bas de combat est notable dans les partis politiques, du moins dans ceux qui ne cracheraient dans la soupe si elle était offerte par le KNK.  Cyriaque Gonda l’ex Ministre d’Etat a soudainement retrouvé de la verve en dénonçant bruyamment le déroulement des législatives à Bossangoa en faisant très curieusement abstraction des présidentielles. Se rappelant au bon souvenir de ses détracteurs et caressant Bozizé dans le sens du poil en passant. Auguste Boukanga lui l’a si bien compris qu’il a décidé d’ores et déjà d’ouvrir grande la porte à une éventuelle entrée dans le gouvernement. Il déclare tranquillement que si le Président décidait à lui « tendre la main » il ne refuserait pas. Car dit il : « il ne partira pas pour servir l’homme mais la nation », car l’on ne peut faire de l’opposition de façon systématique et éternelle. En d’autres mots finit la récréation, il est temps de se mettre à table.  Tous les prétextes sont bons pour gouter à la soupe. Surtout si Bozizé  devrait perdurer  5 ans de plus…

ELECTIONS EN CENTRAFRIQUE : BOZIZE VAINQUEUR ET APRES ?

février 14th, 2011

Les Bozizé ont réussi et complété leur OPA sur la Centrafrique en faisant le plein à l’assemblée nationale. Le chef du clan, Kangara a été élu, comme ils devraient bien se l’anticiper à plus de 64%. Champagne et caviar pour tout le monde. Revanchard et cynique, le KNK a poussé l’outrecuidance jusqu’à l’impudence, au point de proclamer les résultats des élections le jour même de l’anniversaire de son principal et cordialement détesté adversaire, Martin Ziguélé. Celui la même qui ose se dresser sur le chemin, qui nourrit l’hérétique intention de s’asseoir dans le fauteuil de Kangara. Celui qui pour beaucoup incarnerait l’alternance dans le pays. De près 35% il y a 5 ans Mr Ziguélé s’est vu attribué moins de 10% cette fois ci. Inexplicable involution que le report des voix entre ce dernier et l’ancien Président Ange Félix Patassé, ne saurait complètement expliquer.

Mais mis à part cette victoire remportée les doigts dans le nez (les Centrafricains eux aussi ont les doigts dans le nez mais pour d’autres raisons). Les questions et préoccupations des centrafricains sont et demeurent à des années lumières de la (ils se font tuer pour des sauterelles) et différent fondamentalement de ceux des fils du président (tous multimillionnaires aux dernières nouvelles et aspirant au trône de Papa). Ils   veulent et exigent beaucoup plus que des salaires payés à temps échus, hautainement offert (sic) par le maitre de Bangui. L’équation elle, reste sottement idem ; Les Centrafricains ont toujours besoin de savon pour la lessive, de petit déjeuner le matin (les enfants en général n’ont droit qu’a deux galettes pour tous repas jusqu’à midi), d’écoles et d’hôpitaux.

En lieux et place de cela, le Général a décidé de manier la carotte et le bâton.  D’abord le bâton ; Il lance un message claire aux Centrafricains en posant glorieusement  devant des chars anti-émeute, probablement d’origines Sud-africaine (La démocratie ayant triomphée dans ce pays, ils n’ont plus besoin du matériel lourd qu’ils livrent donc à bon prix, troquer le plus  souvent contre des diamants pour les plus pauvres comme la RCA).  Ensuite la carotte ; des clichés de Chinois munis de barre à mines, transpirant comme des forcenés ( !) à la recherche de l’or noir. En oubliant de façon délibérée de mentionner qu’entre l’exploration et l’exploitation, il peut s’écouler un minimum de 5 à 7 ans…quant à en voir les véritables retombés économiques, cela est une autre affaire. Les Gabonais, Nigérians, Angolais et nos nouveaux patrons  Tchadiens ou Congolais  sont tous producteurs et exportateurs de pétrole et sont aussi pauvre que des rats d’églises. Quelques soit le nombre de barils exploités/jours, sans gestion véritablement transparente et démocratique, tout le pétrole du monde ne pourra nous sortir de la misère dans laquelle nous sommes plongés.

Qu’a cela ne tienne, l’appétit vient en mangeant dit-on. Le Général-président qui a eu du mal au fil des ans à dissimuler son immense appétence politique,  a maintenant bien du mal à le contrôler, elle  s’est transformée en  une véritable gloutonnerie, une boulimie politique.  La chose publique, devenue entre temps « la chose à Bozizé »,   tellement

délectable, le Centrafricain dirait : «  A nzeré bonbon glacé »  que toute la famille y participe maintenant à visage découvert (en Afrique lorsque l’on abat  un éléphant on ne

le déguste pas tout seul).Toute la famille a donc été conviée, dépeçant à cœur joie l’Assemblée nationale (devenue depuis lors l’assemblée familiale). La razzia à été effectuée avec l’élégance d’un déménageur, aucun des grands noms de l’opposition n’a pu s’en sortir au premier tour. Cas de figure ? Ange Félix Patassé totalisant près de 40 ans de vie publique battu à plate couture au premier tour par Sylvain N’doutingai, le très moyen Ministre des mines, celui la même qui a affamé les pauvres paysans, paysans qui l’ont plébiscité au premier tour,   probablement  par peur d’une autre vague de famine.

Une Chose pour l’instant semble avérée et indubitable, ces élections qui devraient être la porte d’une sortie de crise tant attendue par tout les Centrafricains risqueraient à coup sur de produire l’effet inverse et opposé, et ceci grâce à l’obstination du Camp présidentiel qui pour des raisons connues d’eux seuls ont décidé de charcuter et de trucider le processus électorale. Mais nous le savons que trop bien, la tenue d’élections même régulières ne suffit pas à justifier du caractère démocratique  d’un pays. Le plus important dit on est ce qui se passe entre ces élections.

Que pourra donc au jour d’aujourd’hui offrir un Président usé par 7 ans d’un pouvoir férocement autocratique et obscurantiste, peu rompu à la pratique démocratique et dont l’obsession et le dessein ne se résume qu’au triomphalisme familiale et clanique ? Bozizé candidat, élu Président, pourra t-il conjurer le sort et tendre une main magnanime à ses adversaires et une oreille attentive aux besoins de son peuple ?  Ou continuera t-il la marche aveugle, esseulée et rétrograde   qui a été sienne depuis le début de son premier mandat ? La Centrafrique atteindra t’elle l’autosuffisance alimentaire ou sera-t–elle une fois de plus la proie de rebellions futile et fratricide ?

Autant de questions qui ne pourront trouver leurs réponses que dans les battements de cœur  du peuple Centrafricain.

RADIO CENTRAFRIQUE OU RADIO KNK ?

décembre 18th, 2010

La radio Centrafricaine fêtait il n’y a de cela pas très longtemps son 52eme anniversaire. L’occasion qui devrait être celle d’une remise en cause, d’une autocritique a été comme le cinquantenaire de la République, un « acte manqué ». Elle a plutôt été une aubaine pour les nombreux flatteurs de bas instincts dont pilule le pays, de caresser les autorités en place dans le sens du poil.

La Radio Centrafricaine tout comme la nation dont elle porte le nom est un gâchis certain sur tous les plans, tant infrastructurel que celui du personnel. Cet organe, pourtant d’une importance crucial mainte fois démontrée fonctionne avec le matériel d’un autre âge. Le personnel quant à lui est sous payé, maltraité, abaissé et ravagé par l’épidémie du sida. Par les dires même de son directeur général, la radio s’est retrouvée dans l’incapacité d’organiser son propre anniversaire. Certains journalistes pourtant échappent à cette conjoncture sinistre  en arrondissant  gracieusement  leurs fins de mois en mettant leurs talents avec dévouement et de façon éhontée  au service du pouvoir en place. Ils sont en général chargés de la « propagande » gouvernementale.

Cette propagande constante, omniprésente, odieuse et sournoise dont sont bombardés  les Centrafricains à longueur de journée est un véritable lavage de cerveau qui s’est intensifiée ce mois de décembre, période préélectorale. Le Président de la République, se voit lui, naturellement déifié, tandis que ses adversaires sont décris comme sortant tout droit de la géhenne, diabolisés. Cet état de campagne électorale perpétuelle a cela de pernicieux qu’elle pervertit le noble métier de journaliste en le rabaissant au simple niveau de « lecteur et de colporteur  », déshumanise le journaliste lui même et enfin transforme la Radio nationale en une d’étable, dans laquelle n’importe quel ministre pourrait se permettre de dérégler ou de changer à sa guise,  la grille de programme préétablie. Ce qui dans notre démocratie balbutiante, fausse et porte  clairement préjudice  au processus démocratique et  électorale.

En fait, dans un pays extérieurement et intérieurement enclavé (l’armée ne peut joindre les confins du pays en cas de nécessité, Bozize a laissé le soin aux Tchadiens  de le défendre) et dont le taux d’analphabétisme atteint 80% pour les plus « pessimistes » et de 68% pour les plus « réalistes » , la radio reste le seul lien, le seul moyen, le seul outil ayant une couverture nationale et une capacité unificatrice vraie et efficace entre les Centrafricains de façon horizontale et entre le peuple et le pouvoir ou la classe politique de manière verticale.

Or que constatons nous ? Une indicible, non démocratique, unilatérale et autoritaire   main mise du parti au pouvoir sur la radio d’état (qui tout compte fait n’appartient pas au parti au pouvoir), faisant d’elle un organe connexe du parti au pouvoir. Le KNK repoussant du revers de la main toute tentative allant dans le sens de ceux de la rationalité, du bon sens et de l’orthodoxie démocratique, lesquels voudraient que ceux qui ne penseraient pas comme les partisans de ce parti, puissent bénéficier d’un temps d’antenne égal afin d’apporter leurs versions des faits, d’offrir leurs visions, de proposer leurs projets aux Centrafricains. Ce qui donnerait aux centrafricains autres que les Banguissois l’opportunité d’avoir une vision ample, multipartite et dépolluée de la réalité politique. Car dans tout débat, toute histoire, il existe toujours plusieurs facettes de la vérité. Cela constitue la base inaliénable de la de la dynamique démocratique.

La consolidation de la démocratie, cela va sans dire, passe nécessairement par une saine perception des règles constitutives élémentaires la régissant. La radio, étant dans le cas de la Centrafrique, le seul et unique vecteur véritablement efficace, à même de vulgariser les concepts  de base du jeu démocratique, son utilisation devrait sans l’ombre d’un doute faire l’objet d’une vision commune et cohésive  de la classe politique toute entière.

La Radio Centrafricaine devrait donc sans plus tarder, réaménager sa grille de programme afin de permettre aux opposants de pouvoir s’exprimer librement. Dans le cas contraire, elle devrait  se restreindre de produire de manière précoce des émissions à « forte odeur de campagne avant la lettre », ou calomniatrice sans offrir « un droit de réponse » aux individus concernés. Ce qui permettrait à une opposition déjà fortement handicapée, de refaire un tant soit peu son retard et de rééquilibrer les forces. C’est à ce prix que nous pourrons avoir des élections « libres et transparentes. »

Pourrait-on véritablement parler d’élections libres, transparentes et équitable lorsque l’une des parties monopolise et utilise immodérément  et de façon outrecuidante, le seul outil susceptible d’égaliser les chances des différents candidats à savoir la radio nationale ? En d’autres termes, comment aboutir à situation juste en partant d’un contrat, d’un partage ou l’une partie se taille la part du lion ?

Aussi, nous devrions aussi nous garder de faire de ces élections un dogme. L’accession au pouvoir par les urnes, n’est pas une garantie de comportement démocratique. Pour ceux qui n’ont sont pas encore convaincu, Ange Félix Patassé et Adolf Hitler sont arrivés au pouvoir à la suite d’élections incontestablement démocratique. Nous ne pourrons donc construire une démocratie véritable qu’en perfectionnant les institutions de notre République, une institution à la fois. L’égalité du temps d’antenne ou la participation d’opposants à des émissions telle la fameuse : « Ye so e lingbi ti yinga » devrait être un premier pas dans la bonne direction.

REPORT DES ELECTIONS EN CENTRAFRIQUE : A QUI PROFITE LE CRIME ?

décembre 7th, 2010

Ce qui n’était qu’une hideuse rumeur, semble peu à peu se matérialiser, se crédibiliser. En effet, à l’approche du 23 janvier, l’éventualité d’un énième report des élections générales en Centrafrique semble devenir une déconcertante réalité. La révélation par « L’indépendant », un journal centrafricain, de la réouverture du dépôt des candidatures a rendu perplexes, même les plus chevronnés observateurs de la scène politique centrafricaine. La classe politique centrafricaine, connue pour la grossièreté de ses tours de passe- passes et l’impéritie de ses prestidigitateurs s’efforce, une fois de plus, de nous offrir le coup suranné du lapin sorti du chapeau.

La politique en Centrafrique, n’est pas destinée à résoudre les problèmes de la nation, elle est plutôt articulée de façon éhontée autour d’un but et un seul : celui de la satisfaction des besoins sensoriels, primaires et obtus des différents acteurs. Il serait donc primordial, de susciter les interrogations appropriées, si l’on désire véritablement, déchirer le voile d’ignorance qui nous sépare de la vérité. Dans le présent cas de figure, la question serait d’une simplicité élémentaire.

Ainsi à la question naturelle, que se posent d’ailleurs des millions de citoyens à travers le pays, à savoir ; Qui a intérêt à ce que les élections n’aient point lieu en Centrafrique ? La réponse, serait tout aussi spontanée, limpide et aisée. Elle est connue de nombreux Centrafricains, qui pour des raisons aussi variées que diverses telles la peur, l’appartenance politique et/ou ethnique se taisent ou feignent une ignorance complice. Car, celui dont il s’agit ici, n’est autre que le chef de l’état, le Président François Bozizé, l’omnipotent maître de Bangui. Pour comprendre donc l’imbroglio électorale dans lequel est plongé le pays, une rétrospective s’avère utile et nécessaire.

Lorsque les forces rebelles du Général Bozizé s’emparèrent de Bangui en 2003, l’idée d’un partage du pouvoir lui paraissait saugrenue (elle l’est toujours), celle d’une défaite électorale impensable. Cependant, son pouvoir, étant en ces temps encore à l’état fœtal, sa main mise sur le pays embryonnaire, il feignit de rassembler autour de lui, des Centrafricains de diverses provenances et d’acquiescer du bout des lèvres à une constitution qui stipule clairement, que le président ne peut être réélu qu’une seule fois. Le président qui avait alors d’autres chats à fouetter, semble se repentir profondément de cette disposition.

En effet, pour que soit rendu compréhensible, la notion brumeuse du report constant des élections en RCA, il faudrait résolument clarifier, l’authentique arrière-pensée politique du Président Bozizé : sa pérennisation au pouvoir.

L’élection est un élément constitutif essentiel dans une République, car toute carrière en démocratie, débute et se termine par elle. Celle du 23 janvier, risque fort bien de faire exactement cela a la carrière du Général Président et ceci quelques soient les cas de figures. Dans l’hypothèse d’une défaite, il se retirerait comme promis (même si nous n’y croyons pas réellement). Dans le cas d’une victoire, Mr Bozizé serait constitutionnellement, contraint de ne plus se présenter en 2016 (Nous voyons déjà une modification de la loi fondamentale). Les choses sont aussi simples que cela.  Lui et son parti ne sont pas sans ignorer cet état des choses. Ils ont donc décidé d’y remédier.

Comme précédemment démontré, Il n’est donc point de l’intérêt du président que d’organiser des élections, du moins dans les délais prévus.  Cette procrastination, n’a donc point d’autre but que d’offrir au Président un quinquennat « gratuit » ,« hors constitution », « cadeau »,  qui rallongerait  le mandat présidentiel  sans que ce dernier n’ait à procéder à un périlleux remaniement de la constitution, politiquement déstabilisateur et socialement conflictuel. Les faits et les chiffres ne mentent pas, l’apparente volonté farouche d’aller aux élections n’est que poudre aux yeux.

En revanche, si le président fait preuve de sincérité et qu’il décide d’aller réellement aux élections, cela voudrait simplement dire qu’il aurait opté, pour un réaménagement de la constitution. Ce faisant, il ouvrirait grande les portes d’une bataille politique, sur la question de son éligibilité. Bataille politique dont l’issue dépendra grandement de l’état de l’opposition à la sortie des élections de 2011 (si elles se tiennent). Certains nous dirons que nous n’en sommes pas encore la. Les Centrafricains eux, ont coutume de dire : «  L’homme prudent voit le mal de loin »