Ena par Christian Touaboy

1 septembre 2010

BOZIZÉ VA T-IL EXPLOITER LA LETHARGIE DE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE POUR SE FAIRE ÉLIRE DÈS LE PREMIER TOUR ?

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Après moult tergiversations, le décor semble être définitivement planté pour la tenue d’élections générales en Centrafrique. Le recensement en vue de ces élections débutera le 22 septembre tandis que le dépôt des candidatures, lui est prévu pour le 10 octobre. La Centrafrique ayant été de par un passé pas très lointain l’organisatrice d’élections réussies, elle  possède donc la technicité nécessaire pour  faire de celles ci un succès.

Mais plus que l’accès moutonnier des électeurs aux urnes, il serait  primordial de susciter la question du décompte honnête de l’ensemble du suffrage. Car, des élections véritablement réussies sont celles ou les aspirations exprimées de l’électeur seront conformes à la quantification finale. Point n’est donc besoin d’historiographie pour souligner qu’une seule fois seulement  l’uniformité a été faite entre « la vox populi » et les résultats officiels des suffrages, cela en 1993 lors de l’élection  de Ange Félix Patassé.

L’Afrique, pour l’observateur scrupuleux est un continent ou les événements historiques sont toujours groupes, imposés  de l’extérieur, subis,  et difficilement différenciés : Les Indépendances dans les années 60, les programmes d’ajustements structurels dans les années 70 et 80, et la vague éphémère de démocratisation du continent vers la fin des années 80 sont tous survenus de façon simultanée dans l’ensemble de  l’Afrique subsaharienne. Cette coïncidence temporo-spatiale  pertinente peut être porteuse d’indications sur le dénouement  des élections prochaine en Centrafrique.

En effet, il y a de cela  un peu  plus d’une décade,  les élections furent  le baromètre  avec lequel étaient évaluées les nations Africaines. Elles furent ainsi  l’objet d’une intense  surveillance  de la part des pays occidentaux transformés  pour les besoins de la cause  en de vicieux cerbères. Aussi, l’aide et la coopération ployèrent sous la restrictive et redoutable condition  d’organisation  « d’élections libres et transparentes ».

Mais l’intérêt fut de courte durée, la virevolte fut si brusque qu’elle prit même les opposants de court. La tendance a depuis une dizaine d’années honteusement changée de trajectoire et repris son cours naturel, cela sans que cela n’indigne les capitales occidentales pour lesquelles, 10 années plutôt, des élections libres et transparentes étaient la panacée aux maux de  l’Afrique.

Conséquemment à ce changement incompréhensible, le vent de la démocratie a cesse de souffle sur le continent.  Les deux dernières années  en Afrique furent ceux de la régression  claire et incontestable de la démocratie. Cette « involution »  est soulignée  par la résurgence des « scores communistes » et l’inéluctable triomphe  du « président sortant candidat »   partout constate  sur le continent.  Le lecteur en jugera de lui même :

  • 12 juillet 2009 : présidentielle Congo Brazzaville (1er tour, Sassou Nguessou 78,6%)
  • 18 juillet et 1er août 2009 : présidentielle Mauritanie (g.al Ould Abdelaziz, 1er tour, 52%)
  • 4 août 2009 : referendum sur constitution au Niger (92,50% pour constitution Tandja)
  • 30 août 2009 : présidentielle Gabon (1 tour, Ali Bongo 41%)
  • 5 septembre 2009 : législatives Angola (MPLA de José Eduardo dos Santos : 80 %)
  • 20 octobre 2009 : législatives Niger (MNSD au pouvoir : 76 sièges sur 113)
  • 25 octobre 2009 : présidentielle et législative Tunisie (Ben Ali réélu avec 89,6%)
  • 29 novembre 2009 : présidentielle Guinée équatoriale (Obiang réélu avec 95%, depuis 1979)
  • 4 mars 2010 : présidentielle Togo (Faure Gnassimbé RPT : 60%)
  • 11 avril 2010 : législatives et présidentielle Soudan (Omar El-Béchir 68,24%)
  • 23 mai 2010 : législatives Ethiopie (EPRDF vainqueur après répression et fraudes)
  • 28 juin 2010 : présidentielle Burundi (Pierre Nkurunziza seul candidat 91,62 %) + 23 juillet législatives (sénat 28 juillet + conseillers des collines le 7.9, mission UE)
  • 9 août 2010 : présidentielle Rwanda (Paul Kagamé FPR 93% pour 7 ans)

Les chiffres et résultats  ci dessus prouvent  à souhait la traitresse inclinaison de la communauté internationale, qui vocifère urbi et orbi son attachement a la démocratie en plein jour devant les peuples accablés et qui ignominieusement  pactise avec les gouvernements une fois  la  nuit tombée. A y regarder de près aucun des présidents-candidats n’a  d’ailleurs  perdu la course a la magistrature suprême  et cela quelque soit le désastre qu’a pu être son bilan.

Les signes avant coureurs de ces « réélections » sont tous d’une effarante Similarité : Durcissement aveugle des gouvernements, répressions  particulièrement sanglantes (Ethiopie, Rwanda et au Burundi). Embastillement systématique de toute contradiction quelle que  soit son origine, agressions sauvages de journalistes. Marches de soutiens récurrents au président sortant. Les prochains mois en Centrafrique vont, si les Centrafricains ne prennent garde, être la copie conforme de ce que l’on a déjà observé un peu partout sur le continent. Déjà lors des derniers mois la pression a monté d’un cran.

Maitre Nicolas Tiangaye est  pratiquement assigné a résidence. La presse est sournoisement muselée ; une journaliste de la télévision nationale a été la victime d’une attaque aussi sauvage qu’éhontée, une agression  de la même sorte a eu lieu en France  presque sous les yeux du président sans que cela n’ait soulevé son indignation pendant ou âpres cet acte crapuleux. Une famille entière  a été mise aux fers pour des motifs encore non élucidés. Le ministre Bernard Ouande lui a été beaucoup plus directe, son adversaire aux législatives dans le 8eme arrondissement de Bangui a vu son suppléant être accusé de vol à main armée et croupi pour l’instant dans les geôles de L’office de la répression du banditisme (OCRB).

C’est dans cette atmosphère, iniquement propice à une réélection, somme toute, controversable du président sortant,  que vont se dérouler les élections de 2011. Le président Centrafricain, même si il  aime  a pointer du doigt  la menaçante  accointance (réelle ou supposée)  de la communauté internationale et ses opposants, sait et espère sur le silence de celle ci pour passer   sans encombre  des le  1er tour … Comme tous les autres avant lui.

16 août 2010

Bozize et le cinquantenaire en Centrafrique

Filed under: Non classé — admin @ 1:43

Le cinquantenaire des indépendances Africaines a produit et continu de produire diverses et intenses réactions. Les populations Africaines ployant pourtant sous le joug conjugué de la misère et de la pauvreté se sont tout à coup découvert un patriotisme suspect, cyniquement alimenté par une presse à la botte des régimes inaptes et autoritaires en place dans les différentes capitales Africaines. Le résultat, une sorte de conformisme, de suivisme idéologique et intellectuel d’après  lequel celui qui ne verrait autre chose que  l’occasion de beuveries incontrôlées, d’orgies intellectuelles, de célébration innocentes  serait contre sa nation, coupable d’apostasie politique et devrait être mis à mort sur le bucher  d’un  chauvinisme soudain et passager. Il est à noter que l’Afrique à la fin des années 80 a connut le même engouement à la faveur du retour du multipartisme.

François Bozize et son parti ont donc décidé de surfer sur la vague de ce patriotisme éphémère en multipliant les sorties. La première pour « diagnostiquer » le mal Centrafricain et la seconde beaucoup plus conventionnelle, à l’ occasion de son adresse au peuple du 13 Aout. Le silence est d’or affirme la maxime, Bozize le sait t’il ? , en tout nous le constatons.

La solennité de ce jour n’étant plus à démontrer, les Centrafricains dans leur ensemble attendaient plus de leur leader. Ils   méritent mieux que cette sorte de politique spectacle, égoïste et inconséquente. Les interventions du président qui auraient du tourner autour de la réconciliation nationale, dans une nation subdivisée et compartimentée a plutôt été l’occasion pour le maitre de Bangui de faire étalage de « l’avancée » de la R.C.A depuis 2003. Avancée qu’il est d’ailleurs le seul a constaté. Hallucination de dictateur coupé de la vie réelle, de la « vraie vie » comme dirait le Centrafricain, ou manœuvre politique délibérée. La réalité Centrafricaine, elle, varie phénoménalement d’un individu à l’autre, d’un parti à l’autre et même pire, d’un groupe ethnique à l’autre. Il existerait d’un coté cette romantique réalité d’après laquelle la Centrafrique serait un vaste chantier ou coule le lait et le miel et de l’autre, celle plus désastreuse et grisâtre que vit journellement le peuple centrafricain.

Le pouvoir de Bangui une fois de plus a démontré ses carences, ses limites ainsi que son manque d’imagination. En ce faisant, il expose avec une clarté à éblouir un aveugle, aux Centrafricains la véritable cause de notre humiliant retard : la périlleuse institution d’une politique identitaire. Cette situation a finit de métamorphoser la nation en une superposition hétéroclite de congrégation s’éloignant chaque jour un peu plus l’un de l’autre. On ne discute qu’avec ceux qui pensent comme nous, qui sont de la même ethnie, ou du même parti politique, Transformant l’interlocuteur, l’adversaire, le frère Centrafricain aux idéaux divergents en ennemi public bon pour la géhenne.  Tout ce que le président a pourtant feint de condamner dans son adresse à la nation du 13 Aout.

En effet, l’allocution présidentielle à la veille du cinquantenaire a manqué de maturité, de sagesse et par dessus tout de circonspection.  La politique politicienne sarcastique et sardonique, n’avait point sa place en ce jour grandiose. La paix et le dialogue,  socle et le piédestal sur lesquels il devrait s’appuyer pour rebâtir la RCA,   ont été inscrits tous deux aux abonnés absents. L’harmonie républicaine en effet ne s’obtient point par le constant harcèlement de ses adversaires politique, mais plutôt par une politique d’apaisement, soulignée par des actions d’un symbolisme concret et sans ambigüité.

La gestion d’une nation n’est pas une affaire personnelle(contrairement à ce que pense le Président), elle concerne le peuple dans son ensemble, l’implication de tous serait donc l’idéal. L’existence d’une majorité, politique ne devrait aucunement se traduire par un diktat exclusif et pernicieux sur les autres groupes. Ni servir de plateforme au rejet systématique des aspirations de la minorité, ou encore être un   prétexte pour la mise en place d’une politique dont la rapacité retarderait indubitablement toute tentative de développement. L’état de déliquescence moral et infrastructurel dans lequel se trouve la nation en est une illustration parfaite. Nous avons une destinée commune, Personne ne pourra vivre en paix sur un ilot d’opulence en plein milieu d’un océan de pauvreté. Le devoir du président est de faire en sorte que nous ne perdions jamais cela de vue.

Sa majesté Bozize 1er a préféré comme à l’accoutumé lancer la pierre sur ces prédécesseurs. Aucun d’eux n’a connu grâce à ses yeux. Fustigeant les pratiques tribalistes des uns à la gestion malhonnête des autres. Il se pose avec une fierté à peine feinte comme le sauveur de la nation. 2003 serait pour lui est l’année par laquelle tout a débutée, insultant au passage l’intelligence des Centrafricains, il oublie sciemment la main de fer de sa famille sur le pays tout entier et en particulier sur les ministères et les postes stratégiques tel que celui de l’armée (son fils) qui serait alimenté par les industries extractives où siège son neveu. La sécurité nationale vient d’ailleurs de voir l’entrée sur scène du dernier en date à la tête de l’organe chargé de la délivrance des passeports. Chacun de nous a encore en mémoire les malheureux incidents survenus en Allemagne. Nul n’est donc blanc comme neige et la notion de l’intérêt nationale devrait primer sur les mesquins jeux politiques.

Les festivités elles même auront lieu dans 4 mois.  Espérant que jusque là le président reviendrait sur sa position et fera de ces festivités ce qu’elles sont vraiment. Une occasion de réunion et d’échanges entre Centrafricains de toutes les couches sociales, de toutes les confessions religieuses et surtout de différents partis politique.

Car il est parfaitement sain que dans une nation de 5 millions d’âmes, d’autres individus que les « Bozize » puissent aspirer à la magistrature suprême, ce que ne semble pas accepter ou comprendre le président de la république.

Dernier mot, le président n’a pas une seule fois fait mention de la bonne gouvernance dans son allocution, omission sincère ou perfide négligence ?

11 août 2010

SANTÉ PUBLIQUE EN CENTRAFRIQUE : VITAL BESOIN D’UN SCANNER

Filed under: Non classé — admin @ 23:21

Selon une récente étude de l’université d’Oxford en Angleterre, établissant l’indice de pauvreté multidimensionnelle (MPI), destiné par ailleurs à remplacer le désormais caduc  Indice de Pauvreté Humain (IPH),  la Centrafrique se classerait a la 7eme place sur les 10 pays les plus pauvres de la planète.

Loin de tomber dans un ressassage harassant de chiffres pour le moins connus de tous, il serait pourtant urgent de rappeler que la R.C.A occupe la dernière place en Afrique centrale quand à l’espérance de vie, celle ci se situerait aux alentours de 40 ans. Les citoyens de plus de 60 ans eux ne représenteraient  qu’une faible proportion de la société ; 4.1% pour être précis (C.I.A. worldfactbook). Cette chute drastique de l’espérance de vie, amorcée au début des années 90 et qui se poursuit de nos jours, est la résultante des multiples soubresauts qu’a connus le pays.

En effet, minée par de constant et incessants troubles sociopolitique, la Centrafrique en prés de 20 années n’a connue aucune avancée infrastructurel notable et perceptible dans quel que domaine que ce soit. Cette carence aiguë, criarde et généralisée des besoins les plus primaires, infecte et paralyse le fonctionnement de la grande majorité du pays,  a l’exception bien assurément   des industries extractives, dont les abondantes ressources permettent l’engraissement de quelques privilégies et l’alimentation perpétuelle du régime en place  en espèces sonnantes et trébuchantes. La santé publique Centrafricaine ne fait point exception à la règle.

Charles-Edward Winslow a définit la sante publique comme suit : «  La santé publique est la science et l’art de prévenir les maladies, de prolonger la vie et de promouvoir la santé et l’efficacité physiques à travers les efforts coordonnés de la communauté pour l’assainissement de l’environnement, le contrôle des infections dans la population, l’éducation de l’individu aux principes de l’hygiène personnelle, l’organisation des services médicaux et infirmiers pour le diagnostic précoce et le traitement préventif des pathologies, le développement des dispositifs sociaux qui assureront à chacun un niveau de vie adéquat pour le maintien de la santé, l’objet final étant de permettre à chaque individu de jouir de son droit inné à la santé et à la longévité. »[

Cinquante années de gabegie et d’un désordre sottement organisé au plus sommet de l’état ont rendu impossible la réalisation d’une politique réelle et efficace de santé publique comme susmentionnée. Cette lacune a aujourd’hui pour conséquence directe et immédiate ; la raréfaction, la diminution et l’appauvrissement des soins de santé pour la majorité des Centrafricains. Cela est encore plus vrai pour nos frères et sœurs vivant dans les différentes provinces du pays. L’accès à des soins de santé décent et efficace en R.C.A se voit ainsi réservé, limité à une élite, mainte fois clanique, toujours politique.

Ce caractère non égalitaire, non populaire et non démocratique de l’accès des populations aux soins de santé a une incidence non négligeable sur l’espérance de vie des centrafricains. Même si la R.C.A, il est vrai compte 1 médecin pour 100000/habitants, le travail de ces derniers aurait été nettement plus efficace si nos vaillants, courageux et compétents Docteurs possédaient les outils nécessaires et utiles à la pratique de leur art.

Il va donc sans dire que la célérité, la clarté   et l’exactitude d’un diagnostic et donc conséquemment la qualité des soins prodiguée au publique sont prodigieusement rehausser lorsque le praticien a en sa possession   les instruments, les outils appropriés, indispensables.  Or, dans ce domaine et comme dans beaucoup d’autres la RCA reste lugubrement à la traine des autres nations, tant au niveau de la sous région que dans l’Afrique en général.

L’un des traits saillants de la population Centrafricaine ces 25 dernières années est d’être en perpétuel mouvement d’expatriation. Ce mouvement n’est pas dicté que par des impératifs politico-économiques.  L’exil est devenu aussi thérapeutique, médical du moins pour ceux d’entre nous qui peuvent se l’assurer. C’est ainsi que multiples personnalités ont été contraintes de vivre en terre étrangère suite à l’inaptitude de la nation à offrir les soins appropriés. Parmi ces illustres compatriotes nous citerons JP Ngoupande ex Premier Ministre et l’ancien ’Archevêque de Bangui Monseigneur Ndayen. Guy Mamadou Marabena, lui a perdu la vie faute de n’avoir subi à temps une dialyse (technique d’épuration du sang).

La pose de la première pierre d’un centre hospitalier à Bimbo et celle de la rénovation de l’Hôpital General de Bangui devrait interpeler tout Centrafricain digne de ce nom et  reposer la fondamentale et essentielle question de l’équipement véritable (ou devrait on dire du non équipement)  de nos hôpitaux. La construction d’hôpitaux-mouroirs sous-équipés ou le patient démunit ne serait qu’en transition pour le cimetière devrait cesser. Le gouvernement devrait donc s’assurer que le service de radiologie d’un de ces établissements puisse être équipe d’un scanner ou d’un IRM.

L’Imagerie par Résonance Magnétique(IRM) utilise un aimant très puissant pour étudier avec une grande précision de nombreux organes tels que le cerveau, la colonne vertébrale, les articulations et les tissus mous. Elle n’utilise pas de rayons X et n’est donc pas une technique irradiante Ce qui a dire vrai ne serait point un luxe pour une nation de 5 millions d’âmes.

L’acquisition de ces précieux instruments aurait deux avantages incommensurables : D’abord, il permettrait aux médecins la détection, le diagnostic et donc le traitement à un stade beaucoup plus précoce, donc curable de maladies aux taux de morbidité ravageur. Ensuite, Il pourrait amorcer la démocratisation réelle et indispensable de la santé publique Centrafricaine. Les soins de santé efficaces ne seront plus seulement l’apanage, le privilège du président, de sa famille et par extension de son parti politique ou de son clan ou de ses allies politique.

Il serait donc capital que le gouvernement et son leader en lieu et place de dispendieuses et futiles cérémonies emplies de manichéennes arrière pensées politique, se penchent sur les vrais problèmes qui gangrènent le pays. Parmi ces fléaux figure en bonne place l’écœurant et sinistre vide en instruments de tous genres qui caractérise nos hôpitaux. Les provinces du pays sont elles aussi soumises à cette politique irresponsable et aléatoire. Ainsi dans une province du pays, il a fallu l’intervention d’un proche du président, en quête d’ailleurs d’un poste de député, pour que la cité soit dotée d’une ambulance.

Pour la grande masse des Centrafricains, vivant ne l’oublions pas dans l’un des pays les pauvres de la planète,   l’obtention d’un visa pour l’Europe, spécialement pour la France ou encore un voyage dans la sous région afin d’y subir ces onéreux tests semble hors de portée. Laissant le plus souvent le malade souffrir d’une mort certaine, lente, affreuse et cruelle. Il n’est pas rare de voir des Centrafricains passer des mois dans de chaudes cases, sans soins, souffreteux incapable de se déplacer, ni de se sustenter. Pendant ce temps la progéniture du Président de la République, tranquillement et dans la plus grande opulence, nait dans des hôpitaux Americains, faisant de la sante publique une sorte d’implacable, d’impitoyable sélection naturelle.

Pour apporter un début de solution a ce récurent problème ; la Centrafrique devrait doter   dans les plus brefs délais, au moins un hôpital dans le pays d’un   IRM ou d’un scanner. Acquisition qui il est vrai ne sera pas la panacée aux maux des Centrafricains,   mais qui aurait au moins le don de soulager bon nombre de nos compatriotes, spécifiquement les plus démunis (constituant la grande majorité dans le pays) et les plus âgés (dont le nombre ne cesse de décroitre faute de soins).

Vu les « Jeunes » milliardaires qui en ces temps pullulent de partout dans le pays, cela ne devrait pas être dur pour Bozize et les siens.

13 juin 2010

FRANÇOIS BOZIZÉ : ENTRE LÉGALITÉ ET LÉGITIMITÉ

Filed under: Non classé — admin @ 23:32

Légalité  contre légitimité. Voilà le débat qui semble  diviser une foi de plus la classe politique Centrafricaine. Cette énième crise est née suite à l’incapacité de la nation et de son gouvernement à organiser des élections aux critères satisfaisantes pour tous. Afin  d’esquiver l’affreux « vide constitutionnelle », le gouvernement dans une séquence aussi bizarre que véloce, a décidé de saisir la plus  haute cour de justice du pays qui a en conséquence presque « ordonné » a l’assemblée nationale  la prorogation du mandat présidentielle.

Cette prorogation loin de taire les disputes,  d’aplanir les dissensions, de clore le débat, semble avoir l’effet contraire.

En effet, l’opposition dans un premier temps abasourdie par la réaction présidentielle s’est ressaisie et n’à depuis  arrêter de crier au « voleur » et durant les dernières semaines remet ou promet de remettre en cause la « légitimité » du Président ainsi élu. Le locataire du palais de la renaissance, lui taxe ses adversaires de mauvaise foi et clame à qui veut l’entendre de la légalité de son pouvoir car tire d’ « institutions légale ».

La légitimité  ou la légalité du Président de la République (nombreux sont ceux pour qui ces mots sont interchangeable) est loin de la préoccupation journalière et quotidienne des Centrafricains. N’eussent été les troubles sociaux à même de naitre de cette querelle, paysans et travailleurs ne sauraient certainement que faire de deux mots qui leur paraît aussi abscons et ténébreux l’un que l’autre. Lumière.

Un gouvernement se dit légale (ou a une légalité) lorsqu’il tire son existence même d’un ensemble de règles établies de façon consensuelle ; mentionnées dans la loi  fondamentale (constitution qui au passage a été décapitée pour autoriser la prorogation) ou encore dans la jurisprudence (ensemble des principes de droit suivi dans chaque pays).

La légitimité, elle, semble plus complexe, plus abstraite presque philosophique. Le concept de la légitimité se rapport au principe de l’agrément, de l’assentiment de l’approbation du peuple (et non des institutions). Elle insinue le fait que le pouvoir est pratiqué par les personnes qu’il faut, faisant ce qu’il faut dans l’intérêt général. Le principe de la légitimité est à notre humble avis, l’une des pierres angulaire dans l’édification de la pyramide   démocratique.

Pierre Calme donne les 5 principes de bases de la légitimité :

  1. Répondre a un besoin ressenti par la communauté ;
  2. Reposer sur des valeurs et des principes communs et reconnus
  3. Etre équitable
  4. Etre exercée efficacement par des gouvernants responsables et dignes de confiance
  5. Appliquer le principe de moindre contrainte.

Le Président de la république en décidant s’arcbouter  à une interprétation  sclérosée, raide et rigide  de la constitution commet l’erreur d’ignorer le peuple qui de facto est relègue au rang de simple accessoire politique. Il Coupe ainsi  de par lui même le vital  cordon ombilical le liant d’avec ses compatriotes (source de son pouvoir et non une quelconque divinité comme il l’a affirme dans son allocution du 10 Mai), d’ou naturellement il devrait tirer sa légitimité. Paradoxalement en choisissant la voie de la machinale et sèche  légalité, il a effectivement perdu celui de la légitimité.

Aucun gouvernement quelque soit les moyens dont il dispose ne peut efficacement gouverner et mener a bien des projets de développements en usant de la  contrainte, et de l’oppression. Dans une démocratie nous en restons fermement convaincus, le président se doit de convaincre ses compatriotes et non les contraindre et faire montre de force brute.

Une démocratie, une nation, un pays affublé d’un dirigeant mal élu,  non élu, ou imposé ne pourrait  fonctionner à son optimum. Il  ne sera que le théâtre de perpétuels  soubresauts sociaux, de bras de fer constant entre gouvernes et gouverneurs, de sempiternelle revendication égalitaire. Il  serait alors traverser de réguliers courant ellipsoïdaux, empêchant sa marche en avant. Grandissant aussi sera le sentiment de non appartenance, de rejet d’une partie de la population. Ce qui aurait pour séquelle l’approfondissement du repli communautaire.

Nous avons des milliards de FCFA en budget  pour  la pacification du pays, sommes qui auraient pu servir à l’amélioration du réseau routier entre Bangui  et le port  de Douala,  principale ouverture de la Centrafrique sur l’extérieur  (si on tient compte du volume de marchandise y transitant).

Nous ne le répéterons jamais assez, et continuerons à le faire, étant donne le caractère pédagogique de la répétitivité ; Les problèmes en Centrafrique sont de natures purement politique, c’est donc sur ce terrain que nous nous devrions de nous efforcer de les résoudre.

Bozize est donc il vrai un président en manque de légitimité. Car comme  démontré plus haut, l’on ne peut  en toute vérité simplement « auto-extraire »  sa  légitimité d’institutions  même légale.

Ainsi lorsque le Chef de l’état fait allusion au  « pouvoir  discrétionnaire  du chef de l’état » certains observateurs se demandent donc la source réelle de ce « pouvoir » ; serait-il divin comme le chef de l’état l’a si bien précisé dans sa déclaration, car  dans une république le pouvoir provient  du peuple et du peuple seul. Tout pouvoir tirant donc sa source autre que de l’adhésion  populaire est donc arbitraire.

Que faire donc pour préserver la paix et la tranquillité du citoyen ?

Le chef de l’état  dispose  d’une certaine légalité de son cote. Il devrait en toute responsabilité transformer  cette légalité en légitimité. Cela est faisable, plausible, si bien sure il en a la volonté politique et le sens de l’intérêt générale.

La solution serait ce que nous nommons une « légitimation par association ». Elle consisterait  en  l’intégration, l’association  d’une partie de la classe politique (mise à l’ écart depuis 2005) dans le mécanisme de prise de décisions. Ce qui aurait pour conséquence naturelle d’agrandir, d’élargir  la base politique du gouvernement et donc son acceptation par une plus grande marge de la société. Evitant au passage à la nation les affres d’infinis tiraillements politiques : Un gouvernement d’union.

Pour nombre de Centrafricains et spécialement ceux qui exercent le pouvoir ou participent indirectement a son exercice, un gouvernement d’union n’est rien de plus qu’une hérésie politique, une anomalie sociétale. Cette vision provient souvent  du fait de la divergence des agendas politique (ce qui n’est point une mauvaise chose en elle même), un alignement des points de vues pourrait donc rendre la chose plus réalisable.

Dans l’état actuel des choses, il est à note que  les aficionados  d’un gouvernement d’union dont le but serait de conduire le pays aux élections, auront de fortes chances de voir se raidir le gouvernement et donc verront la probabilité d’un refus fort élevé. Le concept d’un gouvernement d’union  dans ce cas se devrait de souffrir d’une révision de ses objectifs pour être acceptable et accepté par le gouvernement : La fixation d’objectifs neufs, autres que l’organisation des élections (mais non moins prestigieux). Dans un pays ou tous les indicateurs sociétaux sont au rouge cela ne devrait point être une tache ardue.  Avoir une composition « acceptable » est tout aussi important.

Il est un point dont la gravite et l’importance n’ont d’équivalence que l’organisation d’élections juste et transparente : Le retour de la paix.  En effet la pacification de la nation est la condition sine qua non, l’alpha et l’oméga, le piédestal, l’unique plate forme sur laquelle pourrait,  non seulement se tenir des élections, mais aussi, a même de soutenir et favoriser ce a quoi nous aspirons tous ; le développement de la RCA. Il mérite  donc une attention particulière, une politique concertée et raisonnée de manière consensuelle et responsable. La formation d’un gouvernement qui s’attèlera a cette tache, ramènera la paix et la concorde et procédera a la réconciliation des centrafricains d’avec eux mêmes, est donc une évidence et une nécessité qui s’impose d’elle même.

Ce gouvernement de « pacification et de réunification » prêtera  une attention particulière au DDR, mais ne touchera point à la CEI (qui devrait faire l’objet de négociations différentes). L’accent sera mis sur la question des refugies et des exiles  politique; le lecteur notera que ces deux groupes sont la résultante directe de la violence politique qui sévit avec  intermittence dans le pays. En réalisant des concessions sur la question des élections, l’opposition démontrera ainsi sa bonne volonté et la raison première de son existence ; le bien être du peuple  Centrafricain, l’éclosion d’une Centrafrique pacifiée, unie  et prospère.

Ce gouvernement devrait avoir un chronogramme extrêmement précis et pointilleux de travail, élaboré et préalablement soumis au président de la république. Précisons que ce dernier et ses Prérogatives ne souffriront d’aucune  entache durant cette période (un maximum de deux ans et six mois).

Certains soulèveront, justement d’ailleurs,  la question relative a la longueur de cette période. Nous rétorquerons que les deux années seront  réellement mis au service de la paix dans la nation et nous sommes presque certains de l’efficacité d’un tel gouvernement à conduire avec succès sa mission. L’alternative serait une navigation de durée « indéterminée » dans l’épave du pouvoir en place  et dont les chances de réussites sont ce que nous savons. Ce chronogramme s’opposera positivement à l’incertitude dans laquelle nous naviguons en ce moment.

La résistance du gouvernement à travailler avec l’opposition trouve ses racines dans une peur injustifiée, une haine viscérale, primaire et incompréhensible  de  cette dernière. L’opposition n’est point l’ennemi. La faim, le sous développement, la pauvreté, l’analphabétisme, le repli communautaire, la division sont les véritables ennemis du KNK.

Il arrive des temps ou nous devrions  prendre une décision qui n’est ni sécurisante ni politique ni  populaire, mais que nous nous devrions  de prendre, parce que notre conscience nous dit qu’elle est juste. Martin Luther King.

Même si la sagesse n’est pas une vertu Centrafricaine, le président et ses partisans reconnaissent tout au  fond d’eux qu’un gouvernement d’union est la juste et correcte chose à faire pour la Centrafrique, a cet instant précis.

Réf. : Calame, Pierre, La démocratie en miettes, Pour une révolution de la gouvernance, Editions Charles Léopold Mayer, Paris, 2003, 334 pages.

25 mai 2010

M ZIGUELE PEUT IL NOUS SORTIR DE L’ORNIERE ?

Filed under: Non classé — admin @ 21:34

L’assemblée nationale Centrafricaine, nul ne l’ignore, a décidé de proroger le mandat du président de la république (et d’auto-proroger le sien) pour une durée « indéterminée ». Ce vote instinctif, anachronique et irréfléchi immerge une seconde fois la R.C.A dans les abysses autocratiques des années 70 ou l’illégalité et la force brut ont conduit l’histoire dans le sens prohibe.

Le KNK, par cet acte d’une ignominie historiquement non encore égalé dans la panoplie pourtant fort garnie de l’ineptie politique Centrafricaine, permet à son leader de subrepticement rester aux commandes de l’état. Cette insoutenable indélicatesse, aurait du avoir pour conséquence logique et justifiée une levée unanime de boucliers de la part de l’opposition, qui à ce jour est demeurée étonnement atone et aphone.

Contre toute attente, le parti au pouvoir enhardit par la réaction ou la non-réaction qui a suivit son forfait, décida de l’organisation d’une marche, décision qui a stupéfait la grande majorité des observateurs. Le KNK a jugé avantageux et fructueux de prendre les devants, d’aller pour la jugulaire. Ceci non pas pour légitimer leur transgression, mais le porter à des hauteurs nouvelles celle de l’inacceptable, de l’impudence. L’objectif avoué serait de proposer une solution « temporelle », « chiffrée », à même de déterminer l’« indéterminée ».

La marche a donc eu pour but « d’offrir » un quinquennat au Général-Président. Aussi scandaleux et éhonté que cela soit, le parti au pourvoir et son leader ne sont pas les seuls auxquels nous devrions démontrer notre désapprobation. La situation qui prévaut est la résultante de facteurs éminemment dissemblables les uns des autres. Parmi lesquels se trouve être la responsabilité politique de l’opposition et donc de son leader Martin Ziguélé.

Lorsqu’en 2005 Martin Ziguélé reconnut sa défaite, réelle ou fictive survenu  lors des élections, évitant des troubles stériles à la nation, il gagna le cœur de nombreux jeunes Centrafricains en quête de modernisme, de démocratie et d’unité retrouvée dans le pays devenu exsangue.  Mon sang ne fit qu’un tour , La joie de pouvoir  avoir un candidat à même de pouvoir se servir d’un ordinateur ou de pouvoir être invité par différents organismes  internationaux, et par conséquent apporter une vision nouvelle et différente sur la nation était en soi  perspective prodigieusement excitante.

La suite allait être un drame dont seule la classe politique Centrafricaine a le secret.

La transfiguration tant attendue, amorcée, et espérée de l’ex Premier Ministre suite à la mis en terre du régime M.L.P.C semble ne pas avoir eu lieu. Paradoxalement, la mutation s’est manifestée dans le sens opposé ; transformant le brillant jeune cadre en une sorte de chef de parti mécaniquement porte à la tête de sa formation politique et séquestré par les notables antérieurement évincés, se tournant les pouces à Bangui, ou se pourléchant les babines en exil à l’idée d’un retour aux affaires.

Ziguélé devenu donc le leader de l’opposition, porte sur ses épaules la lourde tache, de réactualiser la volonté de toute une génération, exprimée en 1993 et rustiquement interrompue en 2003. Mais pour cela il devrait prendre le pouls, jauger et connaître la psyché du Général président.

Car plus que deux camps, deux formations politiques ou deux idéologies, le combat politique et donc l’accession au pouvoir, fréquemment semble être l’affaire de deux individus, deux personnalités, une lutte « a bras le corps », souvent sans pitié, parfois mortelle. A ce cynique jeu de dupe, Bozizé semble pour l’instant avoir l’avantage. Non pas parce qu’il est un génie lui même, mais en étant opportunément actif et décisif.

Le Président du M.L.P.C n’est point crédule, il a pleinement conscience de la notion d’âpres laquelle il fut le dernier Premier Ministre de A.F.P.  Eminent décisionnaire dans l’oukase qui permit l’assaut et la attentive d’arrestation du Général. Toute la bonne volonté du monde ne changera rien en ce fait.

Mr Ziguélé en s’accaparant de la direction du M.L.P.C, croyait sincèrement hériter d’une machine électorale à même de très rapidement le porter au pouvoir, mal lui en pris, le M.L.P.C comme d’ailleurs beaucoup de formation politique, reposait sur le charisme et la démagogie de Ange Félix Patassé. En lieu et place donc de se faire du sang neuf, en créant son parti, et en présentant à la Centrafrique une génération nouvelle d’hommes publiques, Ziguélé a préféré s’associer aux tétrarques du passé, qui ont politiquement et sur la place publique trahit A.F.P et qui demain n’hésiteront point à le supplicier à son tour si besoin était. (L’un d’entre eux a d’ailleurs comme un scellera voté pour l’ignoble projet qui scelle le mariage forcé du pays et de l’actuel présidant pour 10 bonnes années de plus.).

La politique, ou la méthode d’approche « Ziguéléenne » des problèmes reste elle fort circonstancielle, passive, évasive et réactionnaire. Elle se montre, vide, sans initiative, inapte à emmener le gouvernement sur son terrain, à le pousser à la faute. Et ce faisant, sans aucun doute réduisant le combat pour le changement en Centrafrique en une sorte d’épopée absconse dont l’issue pour l’instant semble brutalement lui échappé. Cette stratégie de constante non confrontation a pour cela de nuisible qu’elle déprécie et amoindrie l’existence politique même, du numéro un de l’opposition. Le respect de la constitution ne devrait pas être l’affaire de la seule opposition. Le rappel de cette élémentaire règle de conduite républicaine devrait de temps à autre se faire de façon bruyante, ferme et massive.

Ses récurrents et incessant appels à un dialogue politique dont la tenue n’est plus une nécessité pour le Général président (à moins que la communauté internationale ne s’en mêle) est symptomatique de l’étroitesse et de la précarité de sa marge de manœuvre. La négociation a ceci de foncièrement fondamentale qu’elle reste intimement liée à la bonne volonté des protagonistes d’un coté et du rapport de force ou de l’urgence de la situation de l’autre. Ayant donc pour socle le principe du « gagnant-gagnant » ou du « donnant-donnant ». Elle n’a jamais été une obligation morale, mais toujours une nécessité événementielle.   Lorsque l’entité en face de nous refuse de négocier, la solution ne serait pas d’envoyer des fax aux agences de presse, on se doit de l’obliger à négocier. La démocratie bien heureusement nous offre une vaste étendue de solutions dans ce domaine.

Ajouter à cela est sa fâcheuse tendance à s’engager dans des unions contre nature et contre productive. Lors des dernières négociations Mr Ziguele n’a été que l’ombre de lui même. Donnant l’élusive impression d’éviter la confrontation d’avec le président. De se cacher parmi les autres leaders. Manquant au passage l’occasion de personnifier la lutte, de faire corps avec la cause, d’être cette cause, lui insuffler un caractère moral indéniable. Prendre ses responsabilité quand cela se doit et non laisser les projecteurs éclairer des allies qui sont en fait de potentiels adversaires et dont la faible représentativité au sein même de ce peuple qu’ils se targuent de représenter est quasi nul, ouvrant légitimement le débat quand au pourquoi de leur présence.

Généralement, nous ne cessons de le répéter ; la méthode de prise de pouvoir détermine la nature du régime qui en nait, sa vision du pouvoir et celle de la démocratie, nous donne des indices concrets quand à la manière, aux procédés et tactiques propices à son évincement.

Il serait judicieux et pertinent de changer de cheval de bataille, d’essayer une approche nouvelle basée sur un contrat d’avec le peuple. S’éloigner de ce nombrilisme politique et enlacer une approche beaucoup plus militante, une vision nouvelle empreinte de « praxis », d’action réelle et concrète sur le terrain. Rompre avec l’auto mystification ; celle qui porte à croire à une destinée qui se manifestera de façon implacable. Faire montre d’un militantisme de confrontation  ceci en restant de toute évidence dans la légalité , il n’est pas interdit de marcher,  le KNK le fait d’ailleurs à longueur de journée

Tout se passe comme si le leader de l’opposition répudie l’idée d’une implication populaire. « Les faits sont têtus » aime dire Ziguélé, ils le sont en effet. Apres une série d’échecs (DDR, CEI, DPI, Prorogation du mandat présidentiel) il est plus que temps de sortir de ce solipsisme politique et d’affronter ces mêmes faits, en 7 ans pas beaucoup n’a été accompli par l’opposition. Bozizé n’a cédé aucun pouce du pouvoir et continuer d’arborer ce petit sourire goguenard et narquois, qualifiant toute tentative de dialogue politique de simples « manœuvres politiciennes ».

Martin Ziguélé presque furtivement et en filigrane dans billet à « Centrafrique presse » du 23 mai 2010 a auguré de ses intentions d’après le 11 Juin, date de l’expiration du mandat présidentiel. Dans ce billet il énonce clairement et sans ambigüité la différence entre légalité et légitimité ouvrant grande la porte à une non reconnaissance du pouvoir en place. Il déclare : « Pour l’heure, il est impératif d’arriver à un accord politique qui permettra de préparer « consensuellement » et de manière plus professionnelle des élections nationales, crédibles et inclusives. La légitimité des institutions après le 11 juin 2010, qu’il ne faut confondre à leur légalité, est soumise à cette condition évidente »

Le 11 juin serait donc pour beaucoup d’une incommensurable importance (nombreux sont ceux qui ne pourront survivre politiquement et physiquement a 10 ans de plus d’un Bozizisme ravageur et sectateur).  Les « tribunes » dans les journaux de la place ne seront plus d’actualités, la confrontation inévitable. La passion des uns pour la justice, la démocratie et le changement devrait faire face à la volonté des autres à se cramponner au pouvoir.

Á moins de vouloir être un eternel opposant, Ziguélé devrait faire montre de plus de charisme … en a-t-il vraiment ? Nous le saurons dans une vingtaine de jours.

25 avril 2010

Cyriaque Gonda : motifs d’un limogeage

Filed under: Non classé — admin @ 23:00

Le puissant et volubile Ministre de la Communication et porte parole du gouvernement a été décapite par un décret présidentielle.

Mr Cyriaque Gonda, celui que d’aucuns considéraient   pourtant pour être l’un de piliers et incontournable contributaire au boiteux régime du KNK a été évincé sans notice tel un malpropre.

Les Ministres Elie Oueffio et Com Zoumara ont connut le même sort. Ce mini événement aurait été un banal et insignifiant remaniement ministériel n’eut été le sensible et délicat climat politique qui sévit dans le pays.

Rétrospective des faits.

Quelques jours avant son fameux discours (Laïus dont nous comprenons maintenant les véritables motivations) a Paoua le Président de la République recevait Mr Gonda et Oueffio, désireux d’en avoir le cœur net sur l’avancée véritable sur le terrain du processus électoral. (Le programme DDR, Liste électorales entres autres.).

Les Ministres ont donc sans arrière pensées (mal leur en pris) exposes la situation de façon honnête, franche et sans détour.  Pour eux et comme pour tout centrafricain dote d’un minimum de sens le pays n’était pas en mesure d’organiser des élections libres et transparentes dans les délais requis et le temps imparti.

Le Président, cela est maintenant un secret de polichinelle, déteste être contredit ou tout simplement n’aime point se retrouver en face de la vérité, entra alors dans une de ses colères devenues maintenant proverbiales envers ses ministres.

Il est a note que quelques mois au plutôt, Mr Gonda, dans un mouvement dont les causes restent connues de lui seul et qui a première vue semble être profondément imprégné d’illogisme décida de retirer son parti de  la majorité présidentielle. Mouvement qui avait déjà soulevé et déclenché l’ire des caciques du KNK. Des cet instant le siège du président du Parti National pour un Centrafrique Nouveau (PNCN) était devenu hautement éjectable.

Autre pomme de discorde ; l’interruption  de  l’émission éhontée de Radio Centrafrique, «  yesso ala lingbi ti inga »  qui de par son contenu rappel celui de « radio milles collines ». Mr Gonda, probablement horrifie lui aussi par la tournure que prenait ce programme radiophonique, et dans l’intention fort louable de refroidir le climat politique dans le pays   décida de la supprimer.   Bozize qui maintenant épiait chaque fait et geste du porte parole du gouvernement avait  donc en cela une « preuve »irréfutable et  supplémentaire de la trahison de son ex Ministre.

Malversations financières, voilà le risible argument dont le président et son camp se servirent  pour calomnier son ministre et subséquemment le guillotiner. Ce motif  n’est  qu’en fait   pure  prétexte, subterfuge et alibi, afin de s’octroyer  l’opportunité légitime et politique de son acte. Car comment comprendre que d’une main  on manie  sans complaisance le bâton et que de l’autre on offre la délicieuse carotte, ceci pour les mêmes crimes.

Mais que dire de lui même dont l’indélicatesse  n’est même plus sujet à controverse ?

Mr Gonda a été limoge tout simplement pour avoir osé expose la vérité ; a savoir  l’incapacité de la nation à organiser des élections saines, transparentes et équitables. Elie Oueffio aurait connut le même sort (nous restons convaincu que son temps viendra) n’eut été sa position de secrétaire du KNK.

Bozize est donc convaincu de son « passage en force » car comment s’aliéner un acteur politique important ressortissant de son bastion  quelques mois avant les élections ?

La réponse relève du domaine de la logique or nous le  savons  que trop bien ; logique et KNK ne vont pas de pair.

14 avril 2010

PARIS SOUFFLETTE L’OPPOSITION CENTRAFRICAINE

Filed under: Non classé — admin @ 15:09

L’imbroglio politique qui perdurait en Centrafrique semble tirer à sa fin. L’arrivée fort opportune du sous-secrétaire Français à la défense à couper court à toute spéculation (quand à la position de cette dernière) et mis fin (du moins beaucoup l’espèrent) à plusieurs mois d’une atmosphère qui commençait à être délétère dans le pays.

En effet, les partisans du respect scrupuleux de la constitution (généralement proche du pouvoir) et ceux du respect minutieux de la procédure électoral (particulièrement proche de l’opposition) qui cherchaient chacun « l’accord de la France » et un coup de sifflet de cette dernière en faveur de leur candidat respectif ont été servis.

Paris a été claire, sans détour et cruelle. Le représentant Français a tenu un langage presque « Bozizéen », la France ne saurait accepter un quelconque « vide constitutionnelle » : les élections auront donc lieu dans les temps prévus par Bozizé et Binguimalet, sauf changement de dernière heure.

M. Ziguélé pourtant dans un communiqué peu avant la rencontre de Mr Joyandet d’avec le président Centrafricain a cru bon de se rappeler au bon souvenir de l’émissaire Français, rien n’y fit.

La réaction de l’opposition ne s’est donc pas fait attendre dans un communiqué au ton étrangement conciliant (il y réitère son désire absolu d’aller aux élections et exhorte ses militants à s’inscrire en masses sur les listes électorales ?) M. Ziguélé semble accepter et prendre acte de la décision. Lui qui déclarait très brillamment sur les ondes d’Africa no1 que les élections n’auront pas lieu devrait trouver un autre moyen pour que ce vœux qui nous semble bien pieux à l’heure actuelle devienne réalité.

De son coté, Jean Jacques Demafouth, le leader de L’APRD qui n’a jamais manqué d’imagination, a de façon fort concomitante été investi chef de son parti le NAP (nouvelle alliance pour le progrès). Annonçant  de façon subreptice  son intention de  troquer dans un futur plus que proche, sa casquette de chef rebelle pour celui de respectable  leader de parti politique.

L’opposition est en grande partie responsable de sa propre défaite et de son implosion programmée. Elle s’est  tirée sa propre balle dans la jambe et reste seule responsable de ce camouflet.

Le peuple Centrafricain  pourtant fort mecontent  n’a jamais été partie intégrante du processus. Les décisions prises et rédigées  par un «  coordinateur », dont personne ne sait la portée réelle de la popularité sur le terrain, étaient  plutôt destinées à  faire brailler  la diaspora qu’a secouer le fauteuil présidentiel. L’entité UFVN (qui malgré sa dénomination jamais n’a eu une seule action qu’on pourrait qualifier de vive) s’est coupée de la réalité du terrain et n’a jamais fait mention de la misère qu’endurent les Centrafricains. Elle n’a jamais été capable de faire vibrer la corde sentimentale comme toute bonne campagne se devrait et aurait dû le faire.

L’opposition (UFVN) était devenue « scripturale » et «  protocolaire ».

Graduellement  les Centrafricains se rendront compte  que même si Paris reste un tantinet présent dans la politique en Afrique, cette hégémonie aura tendance à décroitre dans les années qui suivent. (Les usines Chinoises semblent se multiplier en Afrique Centrale, les  dernières en date, Boali 3 et un projet d’usine de cimenterie en…Centrafrique.)

Ceux qui donc espèrent rester calmement à l’abri de leur varangue et envoyer des missives au Quai d’Orsay pour demander l’annulation des ’élections sans pourtant apporter une plus value sur la table, gouteront eux aussi à l’amère « nivaquine » de la déception. Aide toi et le ciel t’aidera… ou bats toi et Paris te prendra en compte.

Joyandet a fait avaler à l’opposition que les élections se tiendront « coute que coute » avant la fin du mandat de Bozize… Ce ne serait pas la première fois que la France, patrie mère de la démocratie cautionne un président mal élu, ou impopulaire…

La France n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts…nous l’aurions appris à nos dépends.

8 avril 2010

15 SOLDATS POUR SAUVER LA REPUBLIQUE ?

Filed under: Non classé — admin @ 13:36

À voir le piètre et désolant spectacle qu’offre la classe politique Centrafricaine, majorité et opposition confondues, sur la tenue d’éventuelles échéances électorales, l’on se douterait que dans le Sud-est  de ce même pays se déroule un massacre systématique et répété, pillage calculé et constant, des viols et l’enrôlement comme esclave par la rébellion de la L.R.A sous le contrôle de Joseph Kony.

En effet, pas une semaine ne se passe sans que des Centrafricains ne subissent des exactions. La Rébellion de la LRA (l’armée de libération du seigneur) égorge à plein vent et cela au su du gouvernement Centrafricain de pauvres citoyens sans défense.

Le Gouvernement le sait si bien que le Ministre de la défense le sieur Bozizé Jr a tenu à nous donner un brin de lumière sur la manière dont le gouvernement entend palier à ce drame, c’est à dire en ne faisant pas grand chose.  Reconnaissant l’incapacité de l’armée Centrafricaine à intervenir il déclare humblement que : « C’est une guerre qui nous est imposée ». Cette déclaration est d’autant plus choquante que venant de la part du Ministre de la défense du pays dont la mission est justement de…défendre la nation en cas d’attaques ou d’agressions de quel que nature que ce soit.

Les guerres (Mr le Ministre) ont toujours été « imposées » par l’agresseur. De l’agression de la Pologne a l’invasion de l’Iraq, les confrontations armées dans leur grande majorité débutent par l’agression de l’une des parties.

Mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin, suivons Mr Bozizé dans sa tentative d’éclaircissement, déclarant candidement que : “Nous vivons une situation qui n’est pas propre à notre pays ». (sic). En un mot, les Centrafricains ne sont pas les seuls à se faire massacrer par la LRA, nous devrions donc pas nous inquiéter cela passera, près de 1000 citoyens ont péri ? Cela n’est pas bien grave, la LRA finira bien par se lasser et jeter son dévolu sur un autre pays.

« Nous faisons de notre mieux pour renforcer le dispositif mis en place, malgré nos ressources matérielles et humaines limitées. Nous essayons de sécuriser au maximum les centre urbains, et c’est ce qui fait que les villages isolés sont souvent attaqués », affirme le ministre Bozizé.

Nous le savions déjà que seuls Bangui, axes routiers approvisionnant la capitale ainsi que les mines diamantifères revêtent une quelconque importance aux yeux du régime en place, mais cela est quand même soulageant de se l’entendre dire …la garde présidentielle, elle est pourtant bien équipée, patrouillant dans Bangui, semant la terreur dans les foyers et la désolation dans les cœurs, ceci à prés de 1000 km de la LRA et des massacres.

Mais de toutes ces déclarations la plus importantes mais aussi celle révélatrice de l’atmosphère qui règne en République Centrafrique ou du moins dans son armée est celle qui d’après Un haut responsable militaire centrafricain à Bangui a reconnu : le président François Bozizé « a demandé qu’un bataillon soit envoyé en renfort dans la région. Seulement 15 hommes, sous-équipés ont pu être déployés ».

De deux choses l’une : soit le gouvernement prêche par mauvaise foi en refusant sadiquement d’envoyer des troupes dans une région qui ne lui est pas électoralement favorable ou l’armée Centrafricaine a cessé de suivre son chef. Transformant ainsi le régime en place en une sorte de  dictature ethnico-familiale dont  les plus ardents défenseurs seraient ainsi réduit au lignage et à la filiation du potentat en place a Bangui. Mais en acceptant d’autre part l’existence d’une armée nationale incapable dans sa forme actuelle de remplir ses fonctions élémentaires à savoir :

  • La préservation des intérêts vitaux de la République.
  • Le maintien de l’intégrité nationale.
  • La protection des populations et des ressortissants.

Nous devrions donc accepter le principe naturel et subséquent qui en découlerait :

Le droit des populations agressées à l’auto-défense.

Pour nous, cela ne fait l’objet d’aucun doute, la création et l’encadrement de groupes d’auto défense comprenant les populations de Rafai, Zemio , Bangassou ainsi que des villages environnant rendrait sans doute la tache moins aisée  aux rebelles de la LRA et le bilan moins lourd du coté Centrafricain.

Plus en faisant preuve d’un peu d’innovation et de bonne volonté, L’on pourrait, ceci dans le programme DDR, repositionner ceux des rebelles de L’APRD (qui auront satisfaits à certains critères) dans ces régions. Même si cela il est vrai relève de la bonne volonté et de la confiance entre le gouvernement et ce mouvement rebelle, qui semble à première vue donner signe de vouloir réellement déposer les armes et s’engager dans la légalité

D’autre part, il appartient aussi à vous citoyen Centrafricain, de passer le mot, d’user des maigres ressources dont vous disposer pour obliger les forces étrangères, notamment Françaises stationner en Centrafrique à se  remémorer  de leurs rôles qui n’est pas seulement celui de sauver des dictatures en péril , mais en réalité  celui de donner un coup de main au peuple centrafricain quand il en a besoin…

La LRA n’est pas invincible, elle profite juste de notre inaction et de nos divisions.

Aucuns de nos politique Majorité comme opposition ne se soucis réellement du pauvre peuple et une fois de plus nous en avons la preuve, apte à se réunir pour partager le gâteau, mais toujours absent lorsqu’il s’agit de la résolution de problème réels.

Nous avons appris en publiant cet article la volonté du CPJP de soulager le peuple Centrafricain, le gouvernement se devrait donc dans les plus brefs délais de saisir la main tendu et de permettre à la cette rébellion qui en proposant cela démontre de facto son intention de sortir de l’illégalité et de rejoindre les rangs des défenseurs de la patrie, ce qui en soit ne porte que du mérite.

La balle est donc du coté du gouvernement, en espérant que cette fois encore il ne jouera pas hors jeu.

7 mars 2010

LE PUTSCH, UNE OPTION EN CENTRAFRIQUE ?

Filed under: Non classé — admin @ 18:08

 

 

Nombre d’Africains parmi lesquels des compatriotes, ont applaudi à tout rompre le putsch qui a eu lieu au Niger. Sans nécessairement tomber dans l’euphorie de   « démocrates » qui curieusement ovationnent un coup d’état ou d’être de ceux qui réfutent la réalité d’un président élu qui s’est transformé en dictateur, essayons avec les chiffres que nous possédons du Niger et de la RCA d’en faire une brève et succinct analyse comparative.

Car sans beaucoup de risque de nous tromper nous savons que les sociétés, comme des unités peuvent être comparées en utilisant des traits communs tels les pratiques politiques ou les institutions.

Le Niger sur le plan physique et géographique est deux fois plus grands que la Centrafrique (1.267000 km2), avec des ressources minières attisant la convoitise de beaucoup (uranium dans les deux cas, la R.C.A se voit dotée  d’un sous sol à la richesse plus diversifiée).

Les similarités pourtant ne s’arrêtent point la, les deux nations ont une population extrêmement jeunes (49% dans le cas du Niger) et (43%) pour la Centrafrique., alors que l’espérance de vie reste incroyablement bas (46 ans en RCA) ET (56 ans au Niger).

L’alphabétisation elle est de près de 50% en Centrafrique mais que de 30% au Niger. Près de 40% des Centrafricains aujourd’hui vivent dans les zones urbaines contre seulement 16% au Niger. Le Niger classe 182eme sur 182 pays alors que la RCA elle dans ce même classement se retrouve a la 179eme place (chiffres des nations unies 2009).

Sur le plan économique le lecteur s’en doutera pas grand chose à noter sinon que les investissements directs étrangers sont les mêmes 27 $ pour les deux pays, les exportations sont de $187millions pour la Centrafrique et de $688 millions pour le Niger .Grande disparité au niveau des importations près du milliard de Dollar pour le Niger et $287 millions pour la RCA.

Les affinités ne s’arrêtent pourtant point a ce niveau, sur le plan politique ces deux nations semblent être des frères siamois, tant leurs histoires sur le plan politique semblent être calquées l’un sur l’autre. Succession presqu’ininterrompu de coups d’état sanglant et de mutineries.

Le Niger a connu depuis son indépendance au moins 7 coups  de force  dont 4 tentatives de prise de pouvoir par la force, 3 coups d’états réussi dont un a vu l’assassinat sauvage du Président Mainassara lui même arrivé au pouvoir en usant de la méthode précitée.

Répressions sauvages de grèves estudiantines, accord de paix signés pour aussitôt voir les rebelles reprendre les armes, crise alimentaire de 2005.

Pour l’observateur chevronnée de la scène politique Centrafricaine, point n’est besoin donc de mentionner qu’elle a, elle aussi et comparativement au Niger, a un point ou un autre de son histoire  fait l’expérience des péripéties susmentionnés.

Depuis quelques années nos deux nations ont une connexité de plus : le géant Français (devrait-on dire monstre ?) Areva.

Maintenant qu’ayant établi  le constat clair, indisputable et implacable que les mêmes causes (troubles, coups d’états) produisent les mêmes résultats (paupérisation des populations), se pose donc naturellement  la question  de savoir pourquoi applaudir a un énième coup qui même si, il est vrai écarte un despote, sénile et corrompu par le pouvoir,  n’a aucun mérite en lui même puisque ne profitant aucunement au petit peuple qui lui continue son chemin de croix.

Épisodiquement, il est vrai que la tentation de se débarrasser d’un despote en un clin d’œil est grande, le résultat, l’Afrique et ses multitudes de putsch l’a démontré, n’est pas toujours point celui escompté. Nous devrions donc quelque soit l’urgence du moment, montrer notre indéfectible attachement à la démocratie et elle seule ceci dans le dessein de briser le cercle vicieux de la violence comme mode d’expression politique.

Nous traversons des moments pénibles et dangereux dans lesquels beaucoup confondent ambitions personnelles et besoins du peuple.

La démocratie ainsi que le principe des Droits Humains ne sont pas que des concepts ou idéaux simplificateurs que nous pouvons manipuler selon notre convenance, Notre consistance dans la recherche de la paix par des voies uniquement  légales , légitimes  et non violentes,  sont aussi paradoxale que celui puisse paraitre notre unique  garantie de succès.  Car de la violence naitra sans aucun doute la violence.

Nous ne pouvons  être démocrates par commodité et putschistes par nécessité.

La démocratie n’est pas seulement un mode de gouvernement, il est aussi un système dans lequel l’octroie de la dignité à notre interlocuteur, nous assure de facto la notre.

La notion d’un coup de force envers un régime boiteux et aux abois ne devrait nullement nous effleurer, car en le faisant nous légitimeront ainsi la brutalité et la corruption qui sévissent dans notre beau pays. Face a l’arriération mentale nous devrions opposer l’ingéniosité, face a la brutalité, la sauvagerie et le sadisme nous opposeront l’humanité, civilisation ainsi que la force du droit, face a la corruption et l’égoïsme nous montrerons la morale. Le KNK est un comme fruit mur qui suivant la loi naturelle de la gravité tombera de lui même.

La faiblesse du KNK et de son régime se trouve dans la méthode employée pour son accession au pouvoir. Arriver par la force, elle ne parvient que difficilement à se départir de cette mentalité belliqueuse, inapte un tant soit peu a se convertir en véritable formation politique. Souffletant au passage toute contradiction et tout « empêcheur de manger en rond ».

Point n’est besoin de force, tel semble être l’avis de cet ami de longue date fière démocrate qui m’écrivait il n’y a de cela quelques jours et qui me disait : « La pression politique est le remède approprie à l’inertie politique et qui dit pression populaire ne veut pas forcement émeute ! Cela peut être une abstention considérable à une élection montrant ainsi le désaveu des pratiques du régime en place ». J’irai plus loin en disant que l’opposition devrait faire des démonstrations de force, afin de prouver au gouvernement et a la communauté internationale, l’impopularité sans cesse croissante du régime qui ne cesse de nous supplicier.

Portons le débat dans la rue, dans des protestations massives, mais pacifiques et  non violentes. Sans cela je puis vous garantir que dans moins de deux mois l’opposition se trouvera dans la situation quasi humiliante d’aller discutailler avec un gouvernement élu a la sauvette par moins de 50% de la population.

Le temps d’agir est maintenant et non continuer à faire de l’opposition « de salon » en lisant des communiqués truffés de termes juridiques incompréhensibles pour la plupart des Centrafricains.

La rue devrait dans les jours à venir appartenir au peuple ceci de façon pacifique mais ferme. Il en va de notre salut a tous !

25 février 2010

BOZIZE, LE KNK ET LES CRITIQUES

Filed under: Non classé — admin @ 0:07

L’absence de propositions utiles et profitables à tous, voila l’un des griefs, parmi tant d’autres, que beaucoup de Bozizistes endurcis reprochent à certains patriotes Centrafricains. Ces critiques même si adroitement formulées cachent difficilement une stratégie confuse et opportuniste.

En effet ces remarques aussi légitimes soit elles ont le péché de substituer l’effet à la cause. Aussi, le Président Centrafricain en personne semble de tout cœur partager cette vision.  Son allocution à Paoua en est une parfaite illustration, il n’a pas manqué de fustiger les « menteurs » et les   « parleurs aux mauvais cœurs » à l’origine du blocage que connait le pays. Ces assertions même si risibles, sont symptomatiques de la disposition mentale du KNK. 

La démocratie est par extension synonyme d’état de droit, forme de gouvernement dans lequel le peuple par l’intermédiaire de ses élus se dirige lui même, ceci dans l’intérêt général. Ce type de régime confère au citoyen certains droits inaliénables parmi lesquels la liberté d’expression.  Il est donc conforme et naturel dans une démocratie de porter quelques jugements ou critiques que ce soit sur le gouvernement et/ou la manière dont ce dernier exerce le pouvoir qui lui est conféré.

La critique dans sa forme originelle, tire donc toute sa quintessence de l’existence même de la démocratie.  Le citoyen dont la liberté est souveraine et incessible a donc toute la latitude de faire de cette prérogative comme bon lui semble, indépendamment de la (mauvaise) volonté et des désirs (absolutiste) du prince.

Le KNK lui semble ne pas être de cet avis. Seul, les « critique positives » sont acceptées entendez par la celles qui ne mettront nullement en cause le Président et son entourage. Ou dans une moindre mesure celles qui « proposeront des solutions » aux problèmes du pays. Foutaises.

Pour ceux qui ne le sauraient pas encore ou qui dans le confort de leur satisfaction feint de ne pas le voir, il est presque impossible, pour les raisons citées plus haut de proposer quoi que ce soit à ce gouvernement archaïque, brutale et suborne.  « Participer au développement de son pays en faisant des propositions pouvant améliorer la condition de vie de chaque centrafricain », ne peut se faire de façon effective que si le gouvernement qui au demeurant et dans la disposition actuelle des choses est le seul à même de transformer en concret toutes propositions théoriques soit disposé, à écouter ou mieux encore, a réellement prendre en compte les concepts suggérés. La corruption, le clientélisme et l’obscurantisme du régime sont aussi des facteurs tout aussi négatifs.

Aucune suggestion économique viable ne pourra trouver de bases solides et produire l’effet escompte en l’état actuel des choses. La Centrafrique est aujourd’hui un état fantôme occupé par les armées : Française, Tchadienne, Congolaise, Ougandaise, ainsi que par les services secrets Camerounais et la myriade de rebellions Centrafricano-Tchadienne en plus de celui de la LRA. Le gouvernement Centrafricain (le terme devrait être réduit a celui de gouvernement Banguissois) ne contrôlant plus que la capitale du pays ainsi que les fructueuses et lucratives mines d’or et de diamants. 

À vrai dire la critique dirigée envers le pouvoir est proportionnelle a la brutalité, l’incompétence de ce dernier. Les problèmes rencontrés par les Centrafricains sont pour la plupart de nature politique et devraient être traités comme tels afin d’aboutir a un résultat positif et durable.

L’ire Présidentielle se trouve être fort injustifiée, illégitime et pour cause : la grande majorité de ces critiques se font par le canal démocratique et légal de la presse. Il serait inoppurtun ici de rafraichir la mémoire du lecteur en précisant que la presse Centrafricaine constitue au jour d’aujourd’hui le seul contre poids véritable au gouvernement KNK.

Il n’existe point d’autre terminologies, il n’est d’autre voies que celles de montrer nos gouverneurs tels qu’ils sont : voleurs, corrompus et fainéants, exercice auquel s’adonne la presse avec un talent qui semble faire bondir le Kangara du fauteuil royale.

Nous restons convaincus pour notre part que la presse Centrafricaine ou tout autres  patriotes qui courageusement pointent du doigt nos dirigeants , ne le font pas parce qu’ils sont « méchants » ou  n’éprouve que de l’animosité pour Mr Bozizé . Ils le font parce que la situation du pays l’exige, ils le font parce que le gouvernement parfois a besoin d’être remis sur les rails. Ils le font par amour de leur pays.

Tant que nous n’aurions pas ramené la paix et la concorde, tant que nous n’aurions pas tendu la main à des milliers de Centrafricains en exil, tant qu’une grande majorité de fils et filles de la Centrafrique ne pourront pas de façon tangible et effective participer au développement de leur pays, celui ci continuera de manquer ses rendez d’avec l’histoire. 

Tel semble être la mission  de la presse en Centrafrique.

Mais le message, réel, implicite et sous jacent nous passera toujours sottement sous les yeux, par notre inhabilité à comprendre que dans la critique se trouve la pièce manquante du puzzle, la vision en plus, qui ajoutée à l’originelle pourrait propulser notre nation dans la modernité. 

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